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Le visage de l'Homme de Denisova reconstitué pour la première fois
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Le visage de l'Homme de Denisova reconstitué pour la première fois

Dans la grande famille des hominines (les ancêtres des hommes et leurs proches cousins) l’Homme de Denisova reste le grand inconnu. Un cousin dont on sait l’existence mais dont on ne connaît aucune caractéristique physique. De récents travaux ont cependant permis d’avancer considérablement dans notre connaissance de ce groupe qui vivait jusqu’il y a environ 50 000 ans dans différentes régions d’Asie. Une étude, menée par Liran Carmel de l’Université de Jérusalem, publiée dans la revue CellPress apporte des éléments inédits sur la morphologie de ce cousin disparu. Plus trapu qu’Homo sapiens, l’Homme de Denisova serait plus proche de Neandertal d’un point de vue morphologique.

Découvert en 2010 par Svante Pääbo, paléogénéticien à l’institut Max Planck, à l'intérieur de la grotte de Denisova dans l’Altaï en Sibérie (Russie), on ne connaissait de lui que des morceaux de phalanges et quelques dents que le froid sibérien avait particulièrement bien conservés. C’est l’analyse ADN de ces fragments qui a permis de montrer que ces restes appartenaient, en fait, à une espèce d’Homo encore inconnue. En mars 2019, dans la revue Nature, Jean-Jacques Hublin chercheur à l’institut Max Planck, publiait un article montrant qu’une mandibule découverte dans les hauts plateaux tibétains appartenait à un individu du même groupe que ceux mis au jour dans l’Altaï, donnant ainsi un premier indice sur la morphologie de ce mystérieux cousin des premiers hommes.

Reconstituer le squelette à partir de l'ADN

L’équipe de Liran Carmel propose de reconstituer le squelette d’un denisovien à partir de l’ADN recueilli dans la grotte sibérienne. « C’est une méthodologie qui sur le principe peut fonctionner, explique Ludovic Orlando, chercheur au Laboratoire anthropologie moléculaire et imagerie de synthèse, CNRS, à Toulouse. Dans le cas présent, ces travaux se heurtent à de nombreuses limites. Il s’agit d’un premier pas, certes prometteur mais les conclusions sont un peu prématurées. » La méthodologie en question nécessite une grande quantité de matériau génétique, richesse dont on ne dispose, pour l’Homme de Denisova, que sur un seul individu. En l'occurrence une femme, dont une phalange a été particulierement bien conservée dans la grotte sibérienne. « C’est la première réserve, explique le chercheur français. Si la reconstitution fonctionne, elle n’est efficace que pour un seul individu. Or dans une même population, les différences morphologiques entre les individus sont très nombreuses, ne serait-ce que sur la taille ! » Difficile à partir d’un représentant de conclure de manière significative sur l’ensemble d’un groupe.

Pour "reconstruire" ce squelette, Liran Carmel et son équipe ont comparé le génome denisovien à des génomes néandertaliens, sapiens et de chimpanzés. L’absence et la non-expression de certains gènes chez sapiens donne des caractéristiques particulières chez l’homme de Néandertal, ou bien chez les chimpanzés. En extrapolant sur l’absence de ces gènes, l’équipe de Liran Carmel conclut donc que l’homme de Denisova était plus trapu qu’Homo sapiens. Dans la publication, les auteurs valident leur méthode en utilisant des génomes néandertaliens connus dont la reconstitution est comparée aux squelettes correspondants. Une comparaison fructueuse entre 80 et 90%. « La limite de ce procédé, c’est que les auteurs partent du postulat que les denisoviens sont comme nous, continue Ludovic Orlando. Or, on n’en sait rien. Rien ne dit que l’absence de certains gènes n’est pas compensée par une surexpression d’autres gènes et amène donc d’autres caractéristiques. » Des résultats à prendre donc avec beaucoup de précautions, d’autant que selon d’autres chercheurs, certaines des prédictions que l’on peut d’ores et déjà vérifier se révèlent erronées. Une équipe française de l'Institut Jacques Monod (CNRS/Université de Paris) et du laboratoire Pacea (Bordeaux) montrait par exemple en début d'année dans dans la revue Science Advances que les phalanges denisoviennes étaient bien plus fines que celles décrites dans ces travaux de reconstitution. De la même manière, l'émail dentaire analysé sur les quelques spécimens connus ne correspond pas non plus à la description de Liran Carmel.


Source : La Recherche
Crédit : Maayan Harel

Portrait d'une jeune femme de Denisova d'après un profil squelettique reconstitué à partir de l'analyse de l'ADN.

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Le visage de l'Homme de Denisova reconstitué pour la première fois

Dans la grande famille des hominines (les ancêtres des hommes et leurs proches cousins) l’Homme de Denisova reste le grand inconnu. Un cousin dont on sait l’existence mais dont on ne connaît aucune caractéristique physique. De récents travaux ont cependant permis d’avancer considérablement dans notre connaissance de ce groupe qui vivait jusqu’il y a environ 50 000 ans dans différentes régions d’Asie. Une étude, menée par Liran Carmel de l’Université de Jérusalem, publiée dans la revue CellPress apporte des éléments inédits sur la morphologie de ce cousin disparu. Plus trapu qu’Homo sapiens, l’Homme de Denisova serait plus proche de Neandertal d’un point de vue morphologique.

Découvert en 2010 par Svante Pääbo, paléogénéticien à l’institut Max Planck, à l'intérieur de la grotte de Denisova dans l’Altaï en Sibérie (Russie), on ne connaissait de lui que des morceaux de phalanges et quelques dents que le froid sibérien avait particulièrement bien conservés. C’est l’analyse ADN de ces fragments qui a permis de montrer que ces restes appartenaient, en fait, à une espèce d’Homo encore inconnue. En mars 2019, dans la revue Nature, Jean-Jacques Hublin chercheur à l’institut Max Planck, publiait un article montrant qu’une mandibule découverte dans les hauts plateaux tibétains appartenait à un individu du même groupe que ceux mis au jour dans l’Altaï, donnant ainsi un premier indice sur la morphologie de ce mystérieux cousin des premiers hommes.

Reconstituer le squelette à partir de l'ADN

L’équipe de Liran Carmel propose de reconstituer le squelette d’un denisovien à partir de l’ADN recueilli dans la grotte sibérienne. « C’est une méthodologie qui sur le principe peut fonctionner, explique Ludovic Orlando, chercheur au Laboratoire anthropologie moléculaire et imagerie de synthèse, CNRS, à Toulouse. Dans le cas présent, ces travaux se heurtent à de nombreuses limites. Il s’agit d’un premier pas, certes prometteur mais les conclusions sont un peu prématurées. » La méthodologie en question nécessite une grande quantité de matériau génétique, richesse dont on ne dispose, pour l’Homme de Denisova, que sur un seul individu. En l'occurrence une femme, dont une phalange a été particulierement bien conservée dans la grotte sibérienne. « C’est la première réserve, explique le chercheur français. Si la reconstitution fonctionne, elle n’est efficace que pour un seul individu. Or dans une même population, les différences morphologiques entre les individus sont très nombreuses, ne serait-ce que sur la taille ! » Difficile à partir d’un représentant de conclure de manière significative sur l’ensemble d’un groupe.

Pour "reconstruire" ce squelette, Liran Carmel et son équipe ont comparé le génome denisovien à des génomes néandertaliens, sapiens et de chimpanzés. L’absence et la non-expression de certains gènes chez sapiens donne des caractéristiques particulières chez l’homme de Néandertal, ou bien chez les chimpanzés. En extrapolant sur l’absence de ces gènes, l’équipe de Liran Carmel conclut donc que l’homme de Denisova était plus trapu qu’Homo sapiens. Dans la publication, les auteurs valident leur méthode en utilisant des génomes néandertaliens connus dont la reconstitution est comparée aux squelettes correspondants. Une comparaison fructueuse entre 80 et 90%. « La limite de ce procédé, c’est que les auteurs partent du postulat que les denisoviens sont comme nous, continue Ludovic Orlando. Or, on n’en sait rien. Rien ne dit que l’absence de certains gènes n’est pas compensée par une surexpression d’autres gènes et amène donc d’autres caractéristiques. » Des résultats à prendre donc avec beaucoup de précautions, d’autant que selon d’autres chercheurs, certaines des prédictions que l’on peut d’ores et déjà vérifier se révèlent erronées. Une équipe française de l'Institut Jacques Monod (CNRS/Université de Paris) et du laboratoire Pacea (Bordeaux) montrait par exemple en début d'année dans dans la revue Science Advances que les phalanges denisoviennes étaient bien plus fines que celles décrites dans ces travaux de reconstitution. De la même manière, l'émail dentaire analysé sur les quelques spécimens connus ne correspond pas non plus à la description de Liran Carmel.


Source : La Recherche
Crédit : Maayan Harel

Portrait d'une jeune femme de Denisova d'après un profil squelettique reconstitué à partir de l'analyse de l'ADN.

LE GUIDE Naturellement

Agenda . . .

04 - Alpes de Haute Provence

Du 5 juin 2020 au 15 décembre

VISITE LUDIQUE
SALAGON, PARC & JARDINS

Une nouveauté pour les familles : un jeu de la cocotte pour explorer les jardins et découvrir les secrets du monument de Salagon de façon ludique !

Musée de Salagon
04300 Mane
04 92 75 70 50
www.musee-de-salagon.com


Du 5 juin au 15 décembre

COURSE D'ORIENTATION
MUSÉE DE PRÉHISTOIRE DES GORGES DU VERDON

Une course d’orientation familiale pour découvrir le village préhistorique. A l'aide du dépliant disponible gratuitement à l'accueil du Musée, participez à cette course d’orientation ludique et instructive qui vous conduira tout droit vers le village préhistorique reconstitué.

Musée de Préhistoire des Gorges du Verdon
Route de Montmeyan
04500 Quinson
04 92 74 09 59
www.museeprehistoire.com


13 - Bouches du Rhône

Du 7 au 15 janvier 2021

BALADES EN MER
CONGRÈS MONDIAL DE LA NATURE DE L’UICN

Lors de ce rendez vous, des balades en mer à bord de l'Hélios, la seule vedette à passagers hybride de la compagnie Marseillaise ICARD MARITME, seront organisées par : Le parc National de la Côte Bleue : 10 juin - Le conservatoire du littoral : 11 & 16 juin - Le parc National des Calanques : 15 & 20 juin.

1 quai Marcel Pagnol
13007 Marseille
04 91 330 329
www.iucncongress2020


21 - Côte d'Or

Jusqu'au 2 janvier 2022

EXPOSITION
"AU COEUR DES SAISONS"

Et si on prenait le temps de regarder passer les saisons, de vivre à leur rythme, de redécouvrir le plaisir d'observer la Nature et ses changements.
Cette nouvelle exposition, conçue et réalisée par le Jardin des sciences et Biodiversité, vous plonge « Au coeur des saisons », de façon ludique et accessible à tous les publics, en famille comme entre amis…

Jardin des sciences & biodiversité
Jardin de l’Arquebuse
14 rue Jehan de Marville & 1 avenue Albert 1er
21000 DIJON
03 80 48 82 00
www.dijon.fr


34 - Hérault

Du 26 septembre au 28 février 2021

EXPOSITION
"DERNIERS IMPRESSIONNISTES"

Des paysages maritimes de la Bretagne aux plaisirs des plages de la Belle Époque, des paysages urbains ou champêtres aux portraits virtuoses, partez sur les pas des peintres intimistes ayant tous respiré le parfum de l’impressionnisme.
Riche de 70 peintures et d’une trentaine de dessins ou lithographies, l’exposition qui fait étape à Lodève est la première en France à rendre à ce courant l’importance qui lui revient.

Musée de Lodève
Square George Auric
34700 Lodève
04 67 88 86 10
www.museedelodeve.fr

Lieux:

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