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Des continents déjà habités il y a 3,2 milliards d’années
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Des continents déjà habités il y a 3,2 milliards d’années

Grâce au registre fossile, on estime aujourd’hui que la vie sur Terre est apparue dans les océans il y a entre 3,8 et 4,3 milliards d’années. Plus récente, la conquête du milieu terrestre par les organismes vivants est pourtant bien moins documentée. Et pour cause : les roches sédimentaires – roches dans lesquelles se trouvent les fossiles – se forment majoritairement en milieu aquatique, marin ou lacustre. Récemment, Martin Homann, du laboratoire Géosciences Océan, à Brest, et ses collègues ont découvert des colonies de bactéries fossiles dans des roches sédimentaires continentales âgées de 3,2 milliards d’années. Cette découverte montre que la conquête du milieu terrestre est bien plus ancienne qu’on ne l’imaginait…

La ceinture de roches vertes de Barberton, en Afrique du Sud, est un lieu connu pour abriter des roches sédimentaires très bien préservées, formées en milieu marin à l’Archéen – période allant de 4 à 2,5 milliards d’années. Sur place, Martin Homann et ses collègues y découvrent des roches inattendues, constituées de débris de tailles variables, allant de gros blocs anguleux, à des sables très fins. « Transporter de telles particules nécessite un courant d’eau à débit particulièrement important et très variable », explique Pierre Sansjofre, l’un des auteurs de l’étude. « En effet, plus le courant est rapide, plus la taille des éléments transportés peut être importante. » Les chercheurs en déduisent que les roches sédimentaires qu’ils ont devant eux n’ont pas pu se former en milieu marin, mais se sont formées en milieu continental, dans le lit d’une rivière !

D’étranges filaments noirs qui s’entrelacent

Mais la surprise est encore plus grande lorsque Martin Homann, alors doctorant, découvre dans l’une de ces roches continentales d’étranges filaments noirs, qui s’entrelacent et entourent de petits débris rocheux, les emprisonnant dans leur maillage. « Ces filaments noirs ont une disposition qui ressemble beaucoup aux tapis que forment actuellement les colonies de bactéries », explique Pierre Sansjofre. De retour dans leur laboratoire, les chercheurs analysent alors leur composition chimique : majoritairement des atomes de carbone et d’azote, une signature chimique caractéristique du vivant fossilisé. Plus de doute, il s’agit bien de bactéries fossiles qui tapissaient le fond d’une rivière il y a 3,2 milliards d’années ! Par ailleurs, la présence dans la roche de nombreuses microfissures typiques d’épisodes de sécheresse prouve que ce tapis bactérien était régulièrement exposé à l’air libre.

« Au-delà d’estimer plus précisément la conquête du milieu terrestre, cette découverte nous apprend qu’à l’époque, ces bactéries avaient déjà acquis les adaptations indispensables à la vie terrestre », commente Pierre Sansjofre. Le milieu terrestre est en effet pour le vivant un milieu rude et sa conquête implique de surmonter deux obstacles majeurs : la sécheresse, qui déshydrate les cellules, et l’eau douce, qui, en pénétrant à l’intérieur de celles-ci, les fait gonfler et éclater par choc osmotique. De plus, à l’Archéen, la couche d’ozone, qui filtre les ultraviolets en provenance du Soleil, n’était pas encore formée : les continents étaient ainsi éclairés par un rayonnement solaire très mutagène.

Jusqu’à récemment, la représentation communément admise de la Terre à l’Archéen était celle d’une planète aux continents désertiques entourés par des océans fourmillant de vie. Par leur découverte, Martin Homann et ses collègues ont montré que la conquête du milieu terrestre s’est faite relativement rapidement après l’apparition de la vie dans les océans. Pierre Sansjofre affirme ainsi : « On peut facilement imaginer qu’il y a plus de 3,2 milliards d’années, les continents étaient déjà recouverts par des tapis de bactéries. »


Source : Pour la science
Crédit : Martin Homann

La ceinture de roches vertes de Barberton, en Afrique du Sud.

Des continents déjà habités il y a 3,2 milliards d’années Actualités

Des continents déjà habités il y a 3,2 milliards d’années

Grâce au registre fossile, on estime aujourd’hui que la vie sur Terre est apparue dans les océans il y a entre 3,8 et 4,3 milliards d’années. Plus récente, la conquête du milieu terrestre par les organismes vivants est pourtant bien moins documentée. Et pour cause : les roches sédimentaires – roches dans lesquelles se trouvent les fossiles – se forment majoritairement en milieu aquatique, marin ou lacustre. Récemment, Martin Homann, du laboratoire Géosciences Océan, à Brest, et ses collègues ont découvert des colonies de bactéries fossiles dans des roches sédimentaires continentales âgées de 3,2 milliards d’années. Cette découverte montre que la conquête du milieu terrestre est bien plus ancienne qu’on ne l’imaginait…

La ceinture de roches vertes de Barberton, en Afrique du Sud, est un lieu connu pour abriter des roches sédimentaires très bien préservées, formées en milieu marin à l’Archéen – période allant de 4 à 2,5 milliards d’années. Sur place, Martin Homann et ses collègues y découvrent des roches inattendues, constituées de débris de tailles variables, allant de gros blocs anguleux, à des sables très fins. « Transporter de telles particules nécessite un courant d’eau à débit particulièrement important et très variable », explique Pierre Sansjofre, l’un des auteurs de l’étude. « En effet, plus le courant est rapide, plus la taille des éléments transportés peut être importante. » Les chercheurs en déduisent que les roches sédimentaires qu’ils ont devant eux n’ont pas pu se former en milieu marin, mais se sont formées en milieu continental, dans le lit d’une rivière !

D’étranges filaments noirs qui s’entrelacent

Mais la surprise est encore plus grande lorsque Martin Homann, alors doctorant, découvre dans l’une de ces roches continentales d’étranges filaments noirs, qui s’entrelacent et entourent de petits débris rocheux, les emprisonnant dans leur maillage. « Ces filaments noirs ont une disposition qui ressemble beaucoup aux tapis que forment actuellement les colonies de bactéries », explique Pierre Sansjofre. De retour dans leur laboratoire, les chercheurs analysent alors leur composition chimique : majoritairement des atomes de carbone et d’azote, une signature chimique caractéristique du vivant fossilisé. Plus de doute, il s’agit bien de bactéries fossiles qui tapissaient le fond d’une rivière il y a 3,2 milliards d’années ! Par ailleurs, la présence dans la roche de nombreuses microfissures typiques d’épisodes de sécheresse prouve que ce tapis bactérien était régulièrement exposé à l’air libre.

« Au-delà d’estimer plus précisément la conquête du milieu terrestre, cette découverte nous apprend qu’à l’époque, ces bactéries avaient déjà acquis les adaptations indispensables à la vie terrestre », commente Pierre Sansjofre. Le milieu terrestre est en effet pour le vivant un milieu rude et sa conquête implique de surmonter deux obstacles majeurs : la sécheresse, qui déshydrate les cellules, et l’eau douce, qui, en pénétrant à l’intérieur de celles-ci, les fait gonfler et éclater par choc osmotique. De plus, à l’Archéen, la couche d’ozone, qui filtre les ultraviolets en provenance du Soleil, n’était pas encore formée : les continents étaient ainsi éclairés par un rayonnement solaire très mutagène.

Jusqu’à récemment, la représentation communément admise de la Terre à l’Archéen était celle d’une planète aux continents désertiques entourés par des océans fourmillant de vie. Par leur découverte, Martin Homann et ses collègues ont montré que la conquête du milieu terrestre s’est faite relativement rapidement après l’apparition de la vie dans les océans. Pierre Sansjofre affirme ainsi : « On peut facilement imaginer qu’il y a plus de 3,2 milliards d’années, les continents étaient déjà recouverts par des tapis de bactéries. »


Source : Pour la science
Crédit : Martin Homann

La ceinture de roches vertes de Barberton, en Afrique du Sud.

LE GUIDE Naturellement

Agenda . . .

07 - Adèche

Du 1er mai au 15 novembre
Exposition "ENTRE TERRE ET EAU"

Crises sociales et environnementales dans le Delta du Danube en Roumanie, à la fin du Néolithique. A près de 2 000 km de l'Ardèche, comment se passe la fin de la Préhistoire au bord du fleuve et de la Mer Noire ? Une exposition franco-roumaine inédite, interactive et immersive, à découvrir à la Cité de la Préhistoire !

Grand Site de l’Aven d’Orgnac
Place Robert de Joly
07150 Orgnac–L’Aven
04 75 38 65 10
www.orgnac.com


14 - Calvados

Jusqu’au 29 février 2020
Exposition
"LES REQUINS ! 430 MILLIONS D’ANNÉES D’ÉVOLUTION"

Découvrez la grande diversité des requins, allant d’espèces de petites tailles, jusqu’aux poissons géants dont les dents sont plus grandes qu’une main humaine.
Cette exposition évoque également le grand danger auquel ils sont confrontés : l’Homme. Venez découvrir de nouvelles espèces et apprendre en vous amusant grâce à une fresque digitale.

Paléospace
Avenue Jean Moulin
14640 Villers-sur-Mer
02 31 81 77 60
www.paleospace-villers.fr


21 - Côte d'Or

Jusqu’au 6 janvier 2019
Exposition "GRAINES"

Elles sont partout… Du petit-déjeuner au coucher, dans nos vêtements, dans notre alimentation, dans nos parcs et jardins… sans même y penser elles font partie de notre quotidien et sont un pilier de la biodiversité végétale.
Cette nouvelle exposition, très ludique, propose à tous les visiteurs de découvrir une grande variété de graines d’ici et d’ailleurs et de s’interroger sur leurs enjeux dans un contexte de changement climatique et sociétal.

Le Jardin des sciences
Parc de l’Arquebuse
21000 Dijon
03 80 48 82 00
www.dijon.fr


Jusqu’au 31 mars 2019

Exposition de plein air
"IMPACTS ! HOMME-NATURE"

Venez découvrir les relations homme-nature au plus près du vivant !
De l’évolution du comportement animal à celui du climat et des milieux naturels, les chercheurs de Bourgogne et de Franche-Comté tentent de comprendre le rôle de l’Homme dans ces changements. Traversez ville, campagne et forêt et voyagez jusqu’aux pôles pour observer ces recherches in vivo !

Le Jardin des sciences
Parc de l’Arquebuse
21000 Dijon
03 80 48 82 00
www.dijon.fr


25 - Doubs

Du 23 novembre 2018 au 22 avril 2019
Exposition « FROID »

Véritable plongée dans l’univers du froid, l’exposition met en scène les multiples facettes du froid et plonge le visiteur dans des univers différents :
vie quotidienne, milieux extrêmes, biologie, physique, chimie, recherche, technologie, science-fiction... et l’invite à expérimenter.

Saline royale
Grande rue
25610 Arc-et-Senans
03 81 54 45 45
www.salineroyale.com


41 - Loir et Cher

Jusqu'au 31 décembre
LES JARDINS DE CHAMBORD

Le château a retrouvé en 2017 ses jardins à la française du XVIIIe siècle avec six hectares et demi au pied de la façade nord du château : plus de 600 arbres, 800 arbustes, 200 rosiers, 15 250 plantes...

Office de Tourisme de Blois-Chambord
23 place du château
41000 Blois
02 54 90 41 41
www.bloischambord.com


61 - Orne

Du 13 octobre au 23 décembre
Exposition : "LES HAIES", Joël Auxenfans

Ecomusée du Perche
Prieuré de Sainte-Gauburge
61130 Saint-Cyr-la-Rosiere
02 33 73 48 06
www.ecomuseeduperche.fr


76 - Seine Maritime

Du 15 septembre au 15 décembre
Exposition "L’abbé Pierre photographe, un regard sur le monde"

L'exposition présente soixante-dix photographies inédites prises par l’abbé Pierre lui-même dans de nombreux pays. Elles témoignent de la vitalité des personnes pauvres dans le monde et dévoilent le regard lucide et plein d’amour.

Centre abbé Pierre - Emmaüs
Route d'Emmaüs
76690 Esteville
02 35 23 87 76
www.centre-abbe-pierre-emmaus.org

Lieux:

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