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Les poissons aussi souffrent de l’absence de leur partenaire
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Les poissons aussi souffrent de l’absence de leur partenaire

Les chagrins d’amour ne sont pas propres à l’espèce humaine. Lorsqu’il est séparé de son partenaire, le cichlidé zébré, petit poisson tropical, devient pessimiste. C’est ce qu’une équipe de l’université de Bourgogne, à Dijon, a établi.

C’est la première preuve d’un attachement émotionnel à son partenaire chez une espèce animale autre que l’homme. S’il est bien connu que certains animaux - mammifères, oiseaux, poissons, et même des invertébrés - agissent différemment selon leur état émotionnel, aucune étude ne s’est penchée sur l’influence d’une séparation sur leurs émotions. Pourtant, selon une étude d'une équipe de l’université de Bourgogne, publiée en juin, les cichlidés zébrés, poissons tropicaux d’eau douce, deviennent pessimistes lorsqu’ils sont séparés de leur partenaire. Les représentants de cette espèce, Amatitlania siquia de son nom scientifique, forment des couples longs et stables : pendant plusieurs semaines, les partenaires s'occupent ensemble de la construction du nid puis des alevins. Les biologistes ont également établi que plus la femelle est attachée à son partenaire, plus elle s’investit dans la reproduction. « Des chercheurs avaient déjà fait l’hypothèse d'un attachement au sein de couples d’animaux, explique François-Xavier Dechaume-Moncharmont, auteur de l’étude et maître de conférences en comportement animal à l’université de Bourgogne. Mais c’était de l’interprétation : la situation était évaluée à l’aune de nos comportements. Nous avons voulu nous débarrasser de cette subjectivité anthropomorphique.»
Qui est ton préféré ?

« Nous devions avant tout déterminer si ces poissons ont des émotions, puis les mesurer objectivement en contexte sexuel, ce que personne n’a jamais fait sur un animal », poursuit le chercheur. Pour cela, 68 femelles ont été installées à tour de rôle dans la zone centrale d'un aquarium divisé en trois zones, séparées par un grillage. Deux mâles la rejoignent alors, chacun dans un des enclos proches d’elle : grâce au grillage, ils peuvent se voir, s’entendre et s’approcher. Pour identifier le préféré de la femelle, les chercheurs observent celui avec lequel elle passe le plus de temps. Plus elle est restée aux côtés d’un mâle, plus ils considèrent sa préférence élevée. Les femelles semblent avoir peu hésité à faire leur choix : en moyenne, elles ont consacré 70,3 % de leur temps à un des deux mâles.

Alors que la moitié des femelles ont pu s’accoupler avec celui qu'elles avaient choisi, les autres ont dû rejoindre le deuxième mâle. « Ces dernières ont pondu moins vite et, au bout de trois semaines, elles avaient en moyenne 20 alevins. Celles qui ont rejoint leur mâle préféré en avaient 45. Elles se sont plus investies dans la reproduction et elles montraient moins de comportements agonistiques », affirme le maître de conférences. Après avoir mis en évidence les liens entre l’attachement et le succès reproducteur, l’équipe s’est focalisée sur les émotions des femelles.

Quantifier l’état émotionnel

La faim, les hormones, la qualité de l’alimentation ou de l’habitat… Nombreux sont les facteurs qui influencent notre état émotionnel, qui va lui-même orienter nos prises de décision et notre jugement. Le défi était de produire une évaluation objective de cet état chez les cichlidés. Les biologistes ont pour cela utilisé le test du biais du jugement. « Il s’agit d’étudier le pessimisme de ces poissons : c’est une mesure quantifiable, objective », justifie le chercheur.

Les femelles ont avant tout été entraînées à ouvrir et à distinguer des boîtes. Certaines, noires ou blanches selon les femelles, contenaient de la nourriture et étaient donc positives ; les autres boîtes, de couleur différente, étaient vides et donc négatives. Une fois cet apprentissage terminé, une troisième boîte a été introduite. Celle-ci était grise. Il s’agit d’une boite ambiguë, l’animal ignore si elle contient ou non de la nourriture. Plus il met de temps à l’ouvrir, plus il est dit pessimiste, ce qui caractérise un état émotionnel négatif. À l'inverse, si la femelle s’empresse d’y chercher à manger, elle est dite optimiste : son état émotionnel est alors positif. Ce test a été effectué à trois moments distincts : avant, pendant et après le choix de leur partenaire.

Lorsque le test est réalisé avant la formation du couple, tous les poissons agissent de la même façon : ils se précipitent sur la boîte contenant de la nourriture et délaissent l’autre. Cependant, les comportements diffèrent face à la boîte ambiguë lorsque les femelles sont avec leur mâle préféré ou avec l’autre. Alors que les premières gardent la même vitesse d’ouverture de la boîte, celles qui ont été séparées du mâle choisi tardent à se diriger vers ce signal inconnu. Ces femelles sont également celles qui avaient moins pondu.

Un produit de l'évolution ?

Cet attachement pourrait-il avoir été favorisé au cours de l’évolution afin d’augmenter le succès reproducteur ? Pour que le nouveau-né des cichlidés zébrés se développe au mieux, ses parents doivent s’occuper de lui ensemble pendant ses premières semaines : leur entente et la stabilité du couple sont donc primordiales. « Les animaux ont souvent des biais émotionnels qui altèrent leurs décisions. Si ces biais sont présents chez de nombreuses espèces, ils ont peut-être un intérêt évolutif. D’ailleurs, les psychologues ont déjà suggéré qu’il pouvait y avoir un intérêt adaptatif à l’attachement », explique François-Xavier Dechaume-Moncharmont. Cette influence du couple sur les émotions pourrait ainsi être présente dans une grande variété d’espèces monogames, notamment celles qui nécessitent des soins biparentaux longs.

L’équipe bourguignonne doit désormais étoffer cette hypothèse évolutive, et comprendre plus largement les émotions animales. « Est-ce qu’à l’inverse de ce que nous avons montré, l’état émotionnel affecte le choix du partenaire ? Combien de temps dure cet état pessimiste ? Nos résultats sont valables 24, 48 heures après la séparation. Mais des jours, des mois après… Nous n’avons pour l’instant aucune réponse à apporter. L’histoire n’est pas encore finie », analyse l’auteur. Et il n’y a pas que les poissons ! Je parie que cet attachement est présent chez d’autres espèces monogames au couple long. Je ne crois pas que le cichlidé soit une exception.»


Source : Margot Brunet / La Recherche

Les poissons aussi souffrent de l’absence de leur partenaire Actualités

Les poissons aussi souffrent de l’absence de leur partenaire

Les chagrins d’amour ne sont pas propres à l’espèce humaine. Lorsqu’il est séparé de son partenaire, le cichlidé zébré, petit poisson tropical, devient pessimiste. C’est ce qu’une équipe de l’université de Bourgogne, à Dijon, a établi.

C’est la première preuve d’un attachement émotionnel à son partenaire chez une espèce animale autre que l’homme. S’il est bien connu que certains animaux - mammifères, oiseaux, poissons, et même des invertébrés - agissent différemment selon leur état émotionnel, aucune étude ne s’est penchée sur l’influence d’une séparation sur leurs émotions. Pourtant, selon une étude d'une équipe de l’université de Bourgogne, publiée en juin, les cichlidés zébrés, poissons tropicaux d’eau douce, deviennent pessimistes lorsqu’ils sont séparés de leur partenaire. Les représentants de cette espèce, Amatitlania siquia de son nom scientifique, forment des couples longs et stables : pendant plusieurs semaines, les partenaires s'occupent ensemble de la construction du nid puis des alevins. Les biologistes ont également établi que plus la femelle est attachée à son partenaire, plus elle s’investit dans la reproduction. « Des chercheurs avaient déjà fait l’hypothèse d'un attachement au sein de couples d’animaux, explique François-Xavier Dechaume-Moncharmont, auteur de l’étude et maître de conférences en comportement animal à l’université de Bourgogne. Mais c’était de l’interprétation : la situation était évaluée à l’aune de nos comportements. Nous avons voulu nous débarrasser de cette subjectivité anthropomorphique.»
Qui est ton préféré ?

« Nous devions avant tout déterminer si ces poissons ont des émotions, puis les mesurer objectivement en contexte sexuel, ce que personne n’a jamais fait sur un animal », poursuit le chercheur. Pour cela, 68 femelles ont été installées à tour de rôle dans la zone centrale d'un aquarium divisé en trois zones, séparées par un grillage. Deux mâles la rejoignent alors, chacun dans un des enclos proches d’elle : grâce au grillage, ils peuvent se voir, s’entendre et s’approcher. Pour identifier le préféré de la femelle, les chercheurs observent celui avec lequel elle passe le plus de temps. Plus elle est restée aux côtés d’un mâle, plus ils considèrent sa préférence élevée. Les femelles semblent avoir peu hésité à faire leur choix : en moyenne, elles ont consacré 70,3 % de leur temps à un des deux mâles.

Alors que la moitié des femelles ont pu s’accoupler avec celui qu'elles avaient choisi, les autres ont dû rejoindre le deuxième mâle. « Ces dernières ont pondu moins vite et, au bout de trois semaines, elles avaient en moyenne 20 alevins. Celles qui ont rejoint leur mâle préféré en avaient 45. Elles se sont plus investies dans la reproduction et elles montraient moins de comportements agonistiques », affirme le maître de conférences. Après avoir mis en évidence les liens entre l’attachement et le succès reproducteur, l’équipe s’est focalisée sur les émotions des femelles.

Quantifier l’état émotionnel

La faim, les hormones, la qualité de l’alimentation ou de l’habitat… Nombreux sont les facteurs qui influencent notre état émotionnel, qui va lui-même orienter nos prises de décision et notre jugement. Le défi était de produire une évaluation objective de cet état chez les cichlidés. Les biologistes ont pour cela utilisé le test du biais du jugement. « Il s’agit d’étudier le pessimisme de ces poissons : c’est une mesure quantifiable, objective », justifie le chercheur.

Les femelles ont avant tout été entraînées à ouvrir et à distinguer des boîtes. Certaines, noires ou blanches selon les femelles, contenaient de la nourriture et étaient donc positives ; les autres boîtes, de couleur différente, étaient vides et donc négatives. Une fois cet apprentissage terminé, une troisième boîte a été introduite. Celle-ci était grise. Il s’agit d’une boite ambiguë, l’animal ignore si elle contient ou non de la nourriture. Plus il met de temps à l’ouvrir, plus il est dit pessimiste, ce qui caractérise un état émotionnel négatif. À l'inverse, si la femelle s’empresse d’y chercher à manger, elle est dite optimiste : son état émotionnel est alors positif. Ce test a été effectué à trois moments distincts : avant, pendant et après le choix de leur partenaire.

Lorsque le test est réalisé avant la formation du couple, tous les poissons agissent de la même façon : ils se précipitent sur la boîte contenant de la nourriture et délaissent l’autre. Cependant, les comportements diffèrent face à la boîte ambiguë lorsque les femelles sont avec leur mâle préféré ou avec l’autre. Alors que les premières gardent la même vitesse d’ouverture de la boîte, celles qui ont été séparées du mâle choisi tardent à se diriger vers ce signal inconnu. Ces femelles sont également celles qui avaient moins pondu.

Un produit de l'évolution ?

Cet attachement pourrait-il avoir été favorisé au cours de l’évolution afin d’augmenter le succès reproducteur ? Pour que le nouveau-né des cichlidés zébrés se développe au mieux, ses parents doivent s’occuper de lui ensemble pendant ses premières semaines : leur entente et la stabilité du couple sont donc primordiales. « Les animaux ont souvent des biais émotionnels qui altèrent leurs décisions. Si ces biais sont présents chez de nombreuses espèces, ils ont peut-être un intérêt évolutif. D’ailleurs, les psychologues ont déjà suggéré qu’il pouvait y avoir un intérêt adaptatif à l’attachement », explique François-Xavier Dechaume-Moncharmont. Cette influence du couple sur les émotions pourrait ainsi être présente dans une grande variété d’espèces monogames, notamment celles qui nécessitent des soins biparentaux longs.

L’équipe bourguignonne doit désormais étoffer cette hypothèse évolutive, et comprendre plus largement les émotions animales. « Est-ce qu’à l’inverse de ce que nous avons montré, l’état émotionnel affecte le choix du partenaire ? Combien de temps dure cet état pessimiste ? Nos résultats sont valables 24, 48 heures après la séparation. Mais des jours, des mois après… Nous n’avons pour l’instant aucune réponse à apporter. L’histoire n’est pas encore finie », analyse l’auteur. Et il n’y a pas que les poissons ! Je parie que cet attachement est présent chez d’autres espèces monogames au couple long. Je ne crois pas que le cichlidé soit une exception.»


Source : Margot Brunet / La Recherche

LE GUIDE Naturellement

Agenda . . .


22 - Côtes d'Armor

Du 22 janvier au 12 mars

ATELIERS PEINTURE

"Aquarelle" avec Fanny Dreveau - Samedis 22 Janvier et 19 février de 10h à 16h30h
"Peinture à l'huile et clair-obscur" avec Jos Van de Ven - Vendredis 28 Janvier et 4 Mars de 10h à 16h30
"Calligraphie chinoise et abstraction" avec Sophie Deliss - Samedis 5 Février et 12 Mars de 10h à 16h30
"ARTIS" Arts Plastiques avec Claire Amossé - Samedis 12 Février et 5 Mars de 10h à 16H30

Pôle de l'Étang-Neuf
Musée de la Résistance en Argoat
22480 Saint-Connan
02 96 47 17 66
www.etangneufbretagne.com


34 - Hérault

Jusqu'au 27 mars 2022

EXPOSITION
"JEAN-FRANCIS AUBURTIN, UN ÂGE D'OR"

Jean-Francis Auburtin (1866-1930) s’inscrit dans la longue procession des peintres sur le motif : Delacroix, Courbet, Boudin, Jongkind, Monet...
En une centaine d'œuvres, le Musée de Lodève propose une rétrospective de ce peintre à redécouvrir.

Musée de Lodève
Square George Auric
34700 Lodève
04 67 88 86 10
www.museedelodeve.fr


39 - Jura

Jusqu'au 15 mars

EXPOSITION
"FRONTIÈRES DE SEL"

Reproductions d’objets, contenus numériques, vidéos et extraits sonores, archives inédites vous dévoileront tous les secrets du commerce du sel.
Une part belle sera également faite aux métiers de la restauration et du patrimoine avec la présentation en timelapse du travail de l’atelier Lythos, qui a réalisé un fac-similé de la borne destiné à être replacé sur le lieu de découverte à Montigny-les-Arsures.

La Grande Saline
3 place des salines
39110 Salins-les-Bains
03 84 73 10 92
www.salinesdesalins.com


71 - Saône et Loire

Le 16 février

ATELIERS
"BRICO RECUP"

Réutiliser, récupérer, créer, s’amuser… Voilà le programme de notre atelier récup’ où nous transformerons rouleaux de papier toilette, boîtes à œufs et bouteilles plastique en petits animaux et autres petits bricolages rigolos à emporter à la maison. A partir de 6 ans. De 14 h à 16 h .

Centre EDEN
26 rue de l’Eglise
71290 Cuisery
03 85 27 08 00
www.centre-eden71.fr


Le 23 février

ATELIERS
"NICHOIRS ET CIE"

Présentation de nichoirs, conseil sur leur fabrication et leur installation. Assemblage d’un modèle en salle (choix à faire parmi 3 références). Tout public, enfants à partir de 9 ans. Dd 14 h à 16 h 30.

Centre EDEN
26 rue de l’Eglise
71290 Cuisery
03 85 27 08 00
www.centre-eden71.fr


88 - Vosges

Du 5 février au 18 septembre  

EXPOSITION
"POSADA, GENIE DE LA GRAVURE"

Cette exposition, première rétrospective en France de l’œuvre de José Guadalupe Posada (1852-1913) nous permet d’admirer l’inventivité et la dextérité d’un des grands maîtres de la gravure internationale qui a délaissé une carrière toute tracée pour mettre son talent au service de la presse populaire : illustrations de faits divers, contes, chansons... et les fameuses Calaveras.

Musée de l'Image
42 quai de Dogneville
88000 Épinal
03 29 81 48 30
https://museedelimage.fr

Lieux:

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