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Des palmiers dattiers disparus ressuscités à partir de graines vieilles de 2 000 ans
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Des palmiers dattiers disparus ressuscités à partir de graines vieilles de 2 000 ans

Il y a environ 7 000 ans avant Jésus-Christ, en Mésopotamie et dans le golfe arabe supérieur, l'Homme a commencé à cultiver l'un des fruits les plus appréciés de son histoire : la datte. Selon les archives archéo-botaniques, la culture de son arbre, le palmier dattier, serait d'ailleurs la toute première culture arboricole domestique de l'humanité. Aujourd'hui, les historiens s'accordent à dire que ce petit fruit très sucré à noyau allongé a joué un rôle économique déterminant dans le sud du Levant (Israël, la Palestine et la Jordanie de nos jours), d'autant plus qu'il revêtit une importance symbolique et religieuse durant de longs siècles à travers le Moyen-Orient et une partie de l'Afrique du Nord.

Un fruit disparu depuis des siècles

À l'aube du premier millénaire, la datte de Judée – région qui correspond aujourd'hui à une partie de la Cisjordanie et du sud d'Israël –, était réputée dans tout l'Empire romain pour sa chair charnue, sa douceur et sa capacité de conservation exceptionnelle. L'une de ses variétés, la datte de Judée "Nicolai", impressionnait, elle, par sa taille exceptionnellement grande – jusqu'à 11 centimètres de long ! Le scribe romain Pline l'Ancien écrivit notamment dans le Livre 13 de son Histoire naturelle que "la grande qualité de ces dattes [était] d'avoir un jus onctueux et lactescent et une sorte de saveur vineuse jointe à un goût de miel très doux". Malheureusement, si l'on sait que la culture de la datte de Judée s'est prolongée au moins jusqu'au 11e siècle de notre ère, les différentes vagues de conquêtes successives de la région se sont avérées si destructrices qu'au 19e siècle, on ne retrouva plus aucune trace des plantations de ces fameux palmiers aux fruits légendaires.

De quoi rendre la prouesse réalisée par une équipe internationale de chercheurs, dirigée par le Dr. Sarah Sallon, directrice du Centre de recherche en médecine naturelle Louis Borick à Jérusalem, fort enthousiasmante : à partir de graines de Phoenix dactylifera (du nom de ces palmiers dattiers disparus) vieilles de 2.000 ans, les scientifiques sont parvenus à faire pousser six petits palmiers dans l'espoir d'en récolter un jour les dattes. Les résultats de leurs travaux sont parus le 5 février 2020 dans la revue Science Advances.

Des palmiers déjà issus de croisements

Il aura d'abord fallu aux scientifiques trier sur le volet plusieurs centaines de graines retrouvées entre 1963 et 1991 à deux endroits distincts : des grottes disséminées le long du littoral de la mer Morte, utilisées à l'époque comme espaces de stockage et comme logements, et au sein de la forteresse de Massada, un complexe constitué de plusieurs palais perché sur une montagne et dont on fait remonter la construction au règne d'Hérode Le Grand.

34 spécimens de graines – les plus prometteurs –, ont ensuite été isolés, trempés dans de l'eau chaude, de l'acide gibbérellique et de l'engrais, et enfin plantés dans un terreau stérile. Parmi ces 34 semis, six ont fini par germer et par donner un petit palmier dattier semblable à ceux que l'on pouvait trouver en Judée aux alentours des premières années de notre ère. En 2008 déjà, la même équipe était parvenue à faire germer une toute première graine de palmier dattier retrouvée à Massada et vieille de 1.900 ans, portant le nombre de palmiers dattiers de la Judée antique bien vivants de nos jours à sept.

Mais comment être sûrs que ces graines datent précisément de cet âge d'or et non des siècles suivants, sous domination arabe, quand la culture de la datte de Judée se voulait moins prospère ? En datant au carbone 14 de petits fragments de coquilles de graines restées accrochées aux jeunes pousses après germination, les chercheurs ont pu établir que les graines avaient bien entre 2200 et 1800. Mais c'est l'analyse génétique des plantes qui livra les informations les plus intéressantes à leur sujet : selon ses résultats, plusieurs spécimens seraient issus de croisements entre palmiers dattiers femelle et mâles originaires de différentes régions du monde. "De quoi supposer que des pratiques agricoles sophistiquées pourraient avoir contribué à la réputation historique de la datte de Judée", peut-on lire dans l'étude.

Phoenix dactylifera, étonnante "graine philosophale"

Les palmiers obtenus aujourd'hui pourraient également fournir de précieuses informations sur la manière dont ces végétaux parviennent à préserver leur ADN si longtemps, même après plusieurs milliers d'années. "Compte tenu de ses potentialités de stockage [ADN] exceptionnelles, le palmier dattier est un modèle remarquable pour la recherche sur la longévité des semences." À ce jour, les graines de Phoenix dactylifera sont d'ailleurs les plus anciennes à avoir germé – un record déjà battu en 2008 avec le premier petit palmier obtenu par l'équipe de Sarah Sallon, devant une graine de lotus ayant entamé sa croissance après un sommeil de 1.300 ans.

"Nous savons peu de choses des mécanismes déterminant la longévité des graines. On suppose cependant qu'ils pourraient avoir un rapport avec le maintien au sec dans un état de repos", assurent les chercheurs. En effet, l'étude précise que les rares précipitations et la très faible humidité régnant autour de la mer Morte pourraient faire figure de conditions de conservation idéales. Une seconde piste est évoquée : la région de la mer Morte, située à environ 400 mètres sous le niveau de la mer, bénéficie de l'atmosphère la plus épaisse au monde. Elle se veut donc plus hermétique au rayonnement solaire.

Une autre question reste en suspens : parviendrons-nous un jour à regoûter à la fameuse datte de Judée ?  


Source : Massachusetts Institute of Technology
Crédit : Manuel Cohen/AFP

Après la première germination d'une graine en 2008, six autres petits palmiers sont parvenus à pousser à partir de graines vieilles de plus de 2.000 ans.

Des palmiers dattiers disparus ressuscités à partir de graines vieilles de 2 000 ans Actualités

Des palmiers dattiers disparus ressuscités à partir de graines vieilles de 2 000 ans

Il y a environ 7 000 ans avant Jésus-Christ, en Mésopotamie et dans le golfe arabe supérieur, l'Homme a commencé à cultiver l'un des fruits les plus appréciés de son histoire : la datte. Selon les archives archéo-botaniques, la culture de son arbre, le palmier dattier, serait d'ailleurs la toute première culture arboricole domestique de l'humanité. Aujourd'hui, les historiens s'accordent à dire que ce petit fruit très sucré à noyau allongé a joué un rôle économique déterminant dans le sud du Levant (Israël, la Palestine et la Jordanie de nos jours), d'autant plus qu'il revêtit une importance symbolique et religieuse durant de longs siècles à travers le Moyen-Orient et une partie de l'Afrique du Nord.

Un fruit disparu depuis des siècles

À l'aube du premier millénaire, la datte de Judée – région qui correspond aujourd'hui à une partie de la Cisjordanie et du sud d'Israël –, était réputée dans tout l'Empire romain pour sa chair charnue, sa douceur et sa capacité de conservation exceptionnelle. L'une de ses variétés, la datte de Judée "Nicolai", impressionnait, elle, par sa taille exceptionnellement grande – jusqu'à 11 centimètres de long ! Le scribe romain Pline l'Ancien écrivit notamment dans le Livre 13 de son Histoire naturelle que "la grande qualité de ces dattes [était] d'avoir un jus onctueux et lactescent et une sorte de saveur vineuse jointe à un goût de miel très doux". Malheureusement, si l'on sait que la culture de la datte de Judée s'est prolongée au moins jusqu'au 11e siècle de notre ère, les différentes vagues de conquêtes successives de la région se sont avérées si destructrices qu'au 19e siècle, on ne retrouva plus aucune trace des plantations de ces fameux palmiers aux fruits légendaires.

De quoi rendre la prouesse réalisée par une équipe internationale de chercheurs, dirigée par le Dr. Sarah Sallon, directrice du Centre de recherche en médecine naturelle Louis Borick à Jérusalem, fort enthousiasmante : à partir de graines de Phoenix dactylifera (du nom de ces palmiers dattiers disparus) vieilles de 2.000 ans, les scientifiques sont parvenus à faire pousser six petits palmiers dans l'espoir d'en récolter un jour les dattes. Les résultats de leurs travaux sont parus le 5 février 2020 dans la revue Science Advances.

Des palmiers déjà issus de croisements

Il aura d'abord fallu aux scientifiques trier sur le volet plusieurs centaines de graines retrouvées entre 1963 et 1991 à deux endroits distincts : des grottes disséminées le long du littoral de la mer Morte, utilisées à l'époque comme espaces de stockage et comme logements, et au sein de la forteresse de Massada, un complexe constitué de plusieurs palais perché sur une montagne et dont on fait remonter la construction au règne d'Hérode Le Grand.

34 spécimens de graines – les plus prometteurs –, ont ensuite été isolés, trempés dans de l'eau chaude, de l'acide gibbérellique et de l'engrais, et enfin plantés dans un terreau stérile. Parmi ces 34 semis, six ont fini par germer et par donner un petit palmier dattier semblable à ceux que l'on pouvait trouver en Judée aux alentours des premières années de notre ère. En 2008 déjà, la même équipe était parvenue à faire germer une toute première graine de palmier dattier retrouvée à Massada et vieille de 1.900 ans, portant le nombre de palmiers dattiers de la Judée antique bien vivants de nos jours à sept.

Mais comment être sûrs que ces graines datent précisément de cet âge d'or et non des siècles suivants, sous domination arabe, quand la culture de la datte de Judée se voulait moins prospère ? En datant au carbone 14 de petits fragments de coquilles de graines restées accrochées aux jeunes pousses après germination, les chercheurs ont pu établir que les graines avaient bien entre 2200 et 1800. Mais c'est l'analyse génétique des plantes qui livra les informations les plus intéressantes à leur sujet : selon ses résultats, plusieurs spécimens seraient issus de croisements entre palmiers dattiers femelle et mâles originaires de différentes régions du monde. "De quoi supposer que des pratiques agricoles sophistiquées pourraient avoir contribué à la réputation historique de la datte de Judée", peut-on lire dans l'étude.

Phoenix dactylifera, étonnante "graine philosophale"

Les palmiers obtenus aujourd'hui pourraient également fournir de précieuses informations sur la manière dont ces végétaux parviennent à préserver leur ADN si longtemps, même après plusieurs milliers d'années. "Compte tenu de ses potentialités de stockage [ADN] exceptionnelles, le palmier dattier est un modèle remarquable pour la recherche sur la longévité des semences." À ce jour, les graines de Phoenix dactylifera sont d'ailleurs les plus anciennes à avoir germé – un record déjà battu en 2008 avec le premier petit palmier obtenu par l'équipe de Sarah Sallon, devant une graine de lotus ayant entamé sa croissance après un sommeil de 1.300 ans.

"Nous savons peu de choses des mécanismes déterminant la longévité des graines. On suppose cependant qu'ils pourraient avoir un rapport avec le maintien au sec dans un état de repos", assurent les chercheurs. En effet, l'étude précise que les rares précipitations et la très faible humidité régnant autour de la mer Morte pourraient faire figure de conditions de conservation idéales. Une seconde piste est évoquée : la région de la mer Morte, située à environ 400 mètres sous le niveau de la mer, bénéficie de l'atmosphère la plus épaisse au monde. Elle se veut donc plus hermétique au rayonnement solaire.

Une autre question reste en suspens : parviendrons-nous un jour à regoûter à la fameuse datte de Judée ?  


Source : Massachusetts Institute of Technology
Crédit : Manuel Cohen/AFP

Après la première germination d'une graine en 2008, six autres petits palmiers sont parvenus à pousser à partir de graines vieilles de plus de 2.000 ans.

LE GUIDE Naturellement

Agenda . . .


22 - Côtes d'Armor

Du 22 janvier au 12 mars

ATELIERS PEINTURE

"Aquarelle" avec Fanny Dreveau - Samedis 22 Janvier et 19 février de 10h à 16h30h
"Peinture à l'huile et clair-obscur" avec Jos Van de Ven - Vendredis 28 Janvier et 4 Mars de 10h à 16h30
"Calligraphie chinoise et abstraction" avec Sophie Deliss - Samedis 5 Février et 12 Mars de 10h à 16h30
"ARTIS" Arts Plastiques avec Claire Amossé - Samedis 12 Février et 5 Mars de 10h à 16H30

Pôle de l'Étang-Neuf
Musée de la Résistance en Argoat
22480 Saint-Connan
02 96 47 17 66
www.etangneufbretagne.com


34 - Hérault

Jusqu'au 27 mars 2022

EXPOSITION
"JEAN-FRANCIS AUBURTIN, UN ÂGE D'OR"

Jean-Francis Auburtin (1866-1930) s’inscrit dans la longue procession des peintres sur le motif : Delacroix, Courbet, Boudin, Jongkind, Monet...
En une centaine d'œuvres, le Musée de Lodève propose une rétrospective de ce peintre à redécouvrir.

Musée de Lodève
Square George Auric
34700 Lodève
04 67 88 86 10
www.museedelodeve.fr


39 - Jura

Jusqu'au 15 mars

EXPOSITION
"FRONTIÈRES DE SEL"

Reproductions d’objets, contenus numériques, vidéos et extraits sonores, archives inédites vous dévoileront tous les secrets du commerce du sel.
Une part belle sera également faite aux métiers de la restauration et du patrimoine avec la présentation en timelapse du travail de l’atelier Lythos, qui a réalisé un fac-similé de la borne destiné à être replacé sur le lieu de découverte à Montigny-les-Arsures.

La Grande Saline
3 place des salines
39110 Salins-les-Bains
03 84 73 10 92
www.salinesdesalins.com


71 - Saône et Loire

Le 16 février

ATELIERS
"BRICO RECUP"

Réutiliser, récupérer, créer, s’amuser… Voilà le programme de notre atelier récup’ où nous transformerons rouleaux de papier toilette, boîtes à œufs et bouteilles plastique en petits animaux et autres petits bricolages rigolos à emporter à la maison. A partir de 6 ans. De 14 h à 16 h .

Centre EDEN
26 rue de l’Eglise
71290 Cuisery
03 85 27 08 00
www.centre-eden71.fr


Le 23 février

ATELIERS
"NICHOIRS ET CIE"

Présentation de nichoirs, conseil sur leur fabrication et leur installation. Assemblage d’un modèle en salle (choix à faire parmi 3 références). Tout public, enfants à partir de 9 ans. Dd 14 h à 16 h 30.

Centre EDEN
26 rue de l’Eglise
71290 Cuisery
03 85 27 08 00
www.centre-eden71.fr


88 - Vosges

Du 5 février au 18 septembre  

EXPOSITION
"POSADA, GENIE DE LA GRAVURE"

Cette exposition, première rétrospective en France de l’œuvre de José Guadalupe Posada (1852-1913) nous permet d’admirer l’inventivité et la dextérité d’un des grands maîtres de la gravure internationale qui a délaissé une carrière toute tracée pour mettre son talent au service de la presse populaire : illustrations de faits divers, contes, chansons... et les fameuses Calaveras.

Musée de l'Image
42 quai de Dogneville
88000 Épinal
03 29 81 48 30
https://museedelimage.fr

Lieux:

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