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Rome menacé par la plus grave crise hydrique de son histoire moderne
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Rome menacé par la plus grave crise hydrique de son histoire moderne

Quelques gouttes de pluie tiède sont tombées sur Rome, dans la nuit du lundi 24 au mardi 25 juillet, après plusieurs semaines de sécheresse absolue. A peine de quoi mouiller le sol. Puis la chaleur étouffante a immédiatement repris ses droits ; les habitants auront à peine eu le temps de s’en apercevoir.

Les services de météorologie annoncent bien quelques orages dans le nord de l’Italie, mais il est peu probable que la pluie atteigne la capitale. Dans tous les cas, un orage, même violent, ne résoudra rien. La sécheresse inédite qui sévit sur la partie centrale du pays depuis plusieurs mois est partie pour durer.

Ces derniers jours, la préoccupation a cédé le pas à une franche inquiétude. Il faut dire que les nouvelles n’ont rien de rassurant : Rome, la ville des fontaines et des aqueducs, qui n’a jamais vraiment manqué d’eau, est menacé par la plus grave crise hydrique de son histoire moderne.
Pression des robinets réduite

Samedi 21 juillet, le gouverneur de la région du Latium, Nicola Zingaretti, a annoncé que, face à la baisse dramatique du niveau du lac de Bracciano, à une trentaine de kilomètres au nord-ouest du centre de la capitale – il est actuellement 1,50 mètre plus bas que la normale –, il était contraint d’ordonner l’interruption des prélèvements en eau, pour éviter une catastrophe écologique.

Problème : Bracciano représente en moyenne 8 % des ressources quotidiennes de la ville. L’agence gérant l’alimentation en eau de la métropole romaine, l’ACEA, qui a aussitôt protesté contre cette décision, avait déjà réduit ses prélèvements ces dernières semaines. Elle continuait tout de même à y ponctionner 1 100 litres par seconde, soit 95 000 mètres cubes par jour.

Les images des berges asséchées du lac (57 km2 et jusqu’à 160 mètres de profondeur) tournaient en boucle toute la journée dans les journaux télévisés. On y voyait des pontons soudain rendus inutiles par l’absence d’eau, tandis que sur les rives, d’ordinaire plus étroites, des promeneurs perplexes déambulaient comme le long d’une plage à marée basse.

Si une solution n’est pas trouvée d’ici au vendredi 28 juillet, 1,5 million de Romains risquent d’être concernés par des coupures d’eau, qui pourraient durer jusqu’à huit heures par jour. D’ici là, la pression des robinets a été réduite, ce qui pourrait provoquer des ruptures d’alimentation dans des quartiers résidentiels comme Parioli ou Monte Mario, situés en hauteur.

Dans ces zones et dans plusieurs quartiers périphériques de la ville, qui risquent d’être les premiers à faire les frais du rationnement, les habitants se sont rués vers les supermarchés pour acheter le plus possible d’eau minérale, afin de pallier l’éventualité d’une coupure générale. Et une course contre la montre s’est engagée pour trouver au plus vite des solutions permettant d’éviter un rationnement jugé « exagéré » par Nicola Zingaretti.

L’heure est grave, et les commerçants comme les hôteliers ont multiplié les alarmes, ces derniers jours, soulignant les dommages incalculables que causerait un arrêt, même partiel, de la fourniture d’eau.

Mardi 25, la maire de Rome, Virginia Raggi (Mouvement 5 étoiles) devait réunir tous les interlocuteurs au Capitole, dans le but d’éviter d’en venir au rationnement. Aucun effort d’économie ne sera négligé. Lundi, le Vatican a même fait savoir que toutes ses fontaines allaient être fermées jusqu’à nouvel ordre.

Selon le quotidien La Repubblica, la ville connaîtrait sa sécheresse la plus grave depuis 200 ans. Le syndicat agricole Coldirelli estime le déficit de précipitations à 72 % en juillet, par rapport à la même période de 2016, mais aussi à 74 % en juin, et 56 % en avril et mai. Depuis décembre 2016, dans le Latium, 250 mm de précipitations sont tombés, contre une moyenne de 420 mm sur la même période durant les vingt-cinq dernières années.

Au-delà du cas de Rome et de sa région, une bonne moitié de l’Italie est touchée. Deux tiers des terres cultivables du pays seraient soumises à un régime de restrictions d’eau, dix gouverneurs, de la Vénétie aux îles de la Méditerranée, ont déjà demandé le placement de leur région en état de catastrophe naturelle ou s’apprêtent à le faire. La sécheresse risque en effet d’avoir des conséquences désastreuses sur les rendements agricoles, du lait des Marches aux vignobles du Nord-Est.

Dans ce contexte, il n’est pas étonnant que le pays soit ravagé, depuis plusieurs semaines, par d’innombrables feux de forêt, de la province de Trapani, en Sicile, aux environs immédiats de Rome, en passant par les pentes du Vésuve.

Si la conjoncture météorologique est l’explication première de l’état critique de la distribution d’eau à Rome, l’affaire n’en a pas moins pris ces derniers jours un tour politique, les responsables se renvoyant la responsabilité de l’état calamiteux du réseau hydraulique.

Diminution de la demande

A cet égard, un chiffre est particulièrement éclairant : plus de 44 % de l’eau empruntant le réseau romain n’arrive pas à destination. Un résultat catastrophique, à comparer avec les données milanaises : dans la capitale lombarde, le taux de déperdition n’est que d’un peu plus de 16 %.

Détenue à 51 % par la commune de Rome, qui cherchait avant tout ces dernières années à en tirer le plus de dividendes possible pour combler un déficit abyssal (plus de 15 milliards d’euros de dettes), l’ACEA n’a même pas initié une réflexion sur l’amélioration de la tuyauterie, qui pourrait pourtant permettre d’importantes économies. Une erreur partagée par toutes les équipes qui se sont succédé au Capitole et qu’il serait malhonnête d’attribuer à la seule Virginia Raggi, arrivée aux commandes de la ville à l’été 2016.

L’élue grilliniste a, en revanche, tardé à prendre la mesure de la catastrophe : Sabrina Anselmo, maire d’Anguillara, une des trois communes lacustres des bords du lac de Bracciano, et issue, comme Virginia Raggi, du Mouvement 5 étoiles, a confié lundi à La Stampa qu’elle avait alerté sa collègue romaine à plusieurs reprises, et que celle-ci ne s’était jamais déplacée pour participer aux réunions sur le devenir du lac.

Dans ce contexte très tendu, et alors que rien n’indique un changement de temps dans les prochains jours, le seul allié des décideurs municipaux semble bien être le calendrier : fin juillet, comme tous les ans, Rome sera désertée pour cause de vacances, ce qui aura pour effet de diminuer la demande. Comme si la seule solution permettant, à court terme, de préserver l’alimentation en eau des Romains était la perspective du départ d’une bonne partie de ses habitants.
 

Source : Le Monde
Crédit : MASSIMO PERCOSSO / AP

Sur la rive du lac de Bracciano au nord-ouest de Rome, le 23 juillet.

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Rome menacé par la plus grave crise hydrique de son histoire moderne

Quelques gouttes de pluie tiède sont tombées sur Rome, dans la nuit du lundi 24 au mardi 25 juillet, après plusieurs semaines de sécheresse absolue. A peine de quoi mouiller le sol. Puis la chaleur étouffante a immédiatement repris ses droits ; les habitants auront à peine eu le temps de s’en apercevoir.

Les services de météorologie annoncent bien quelques orages dans le nord de l’Italie, mais il est peu probable que la pluie atteigne la capitale. Dans tous les cas, un orage, même violent, ne résoudra rien. La sécheresse inédite qui sévit sur la partie centrale du pays depuis plusieurs mois est partie pour durer.

Ces derniers jours, la préoccupation a cédé le pas à une franche inquiétude. Il faut dire que les nouvelles n’ont rien de rassurant : Rome, la ville des fontaines et des aqueducs, qui n’a jamais vraiment manqué d’eau, est menacé par la plus grave crise hydrique de son histoire moderne.
Pression des robinets réduite

Samedi 21 juillet, le gouverneur de la région du Latium, Nicola Zingaretti, a annoncé que, face à la baisse dramatique du niveau du lac de Bracciano, à une trentaine de kilomètres au nord-ouest du centre de la capitale – il est actuellement 1,50 mètre plus bas que la normale –, il était contraint d’ordonner l’interruption des prélèvements en eau, pour éviter une catastrophe écologique.

Problème : Bracciano représente en moyenne 8 % des ressources quotidiennes de la ville. L’agence gérant l’alimentation en eau de la métropole romaine, l’ACEA, qui a aussitôt protesté contre cette décision, avait déjà réduit ses prélèvements ces dernières semaines. Elle continuait tout de même à y ponctionner 1 100 litres par seconde, soit 95 000 mètres cubes par jour.

Les images des berges asséchées du lac (57 km2 et jusqu’à 160 mètres de profondeur) tournaient en boucle toute la journée dans les journaux télévisés. On y voyait des pontons soudain rendus inutiles par l’absence d’eau, tandis que sur les rives, d’ordinaire plus étroites, des promeneurs perplexes déambulaient comme le long d’une plage à marée basse.

Si une solution n’est pas trouvée d’ici au vendredi 28 juillet, 1,5 million de Romains risquent d’être concernés par des coupures d’eau, qui pourraient durer jusqu’à huit heures par jour. D’ici là, la pression des robinets a été réduite, ce qui pourrait provoquer des ruptures d’alimentation dans des quartiers résidentiels comme Parioli ou Monte Mario, situés en hauteur.

Dans ces zones et dans plusieurs quartiers périphériques de la ville, qui risquent d’être les premiers à faire les frais du rationnement, les habitants se sont rués vers les supermarchés pour acheter le plus possible d’eau minérale, afin de pallier l’éventualité d’une coupure générale. Et une course contre la montre s’est engagée pour trouver au plus vite des solutions permettant d’éviter un rationnement jugé « exagéré » par Nicola Zingaretti.

L’heure est grave, et les commerçants comme les hôteliers ont multiplié les alarmes, ces derniers jours, soulignant les dommages incalculables que causerait un arrêt, même partiel, de la fourniture d’eau.

Mardi 25, la maire de Rome, Virginia Raggi (Mouvement 5 étoiles) devait réunir tous les interlocuteurs au Capitole, dans le but d’éviter d’en venir au rationnement. Aucun effort d’économie ne sera négligé. Lundi, le Vatican a même fait savoir que toutes ses fontaines allaient être fermées jusqu’à nouvel ordre.

Selon le quotidien La Repubblica, la ville connaîtrait sa sécheresse la plus grave depuis 200 ans. Le syndicat agricole Coldirelli estime le déficit de précipitations à 72 % en juillet, par rapport à la même période de 2016, mais aussi à 74 % en juin, et 56 % en avril et mai. Depuis décembre 2016, dans le Latium, 250 mm de précipitations sont tombés, contre une moyenne de 420 mm sur la même période durant les vingt-cinq dernières années.

Au-delà du cas de Rome et de sa région, une bonne moitié de l’Italie est touchée. Deux tiers des terres cultivables du pays seraient soumises à un régime de restrictions d’eau, dix gouverneurs, de la Vénétie aux îles de la Méditerranée, ont déjà demandé le placement de leur région en état de catastrophe naturelle ou s’apprêtent à le faire. La sécheresse risque en effet d’avoir des conséquences désastreuses sur les rendements agricoles, du lait des Marches aux vignobles du Nord-Est.

Dans ce contexte, il n’est pas étonnant que le pays soit ravagé, depuis plusieurs semaines, par d’innombrables feux de forêt, de la province de Trapani, en Sicile, aux environs immédiats de Rome, en passant par les pentes du Vésuve.

Si la conjoncture météorologique est l’explication première de l’état critique de la distribution d’eau à Rome, l’affaire n’en a pas moins pris ces derniers jours un tour politique, les responsables se renvoyant la responsabilité de l’état calamiteux du réseau hydraulique.

Diminution de la demande

A cet égard, un chiffre est particulièrement éclairant : plus de 44 % de l’eau empruntant le réseau romain n’arrive pas à destination. Un résultat catastrophique, à comparer avec les données milanaises : dans la capitale lombarde, le taux de déperdition n’est que d’un peu plus de 16 %.

Détenue à 51 % par la commune de Rome, qui cherchait avant tout ces dernières années à en tirer le plus de dividendes possible pour combler un déficit abyssal (plus de 15 milliards d’euros de dettes), l’ACEA n’a même pas initié une réflexion sur l’amélioration de la tuyauterie, qui pourrait pourtant permettre d’importantes économies. Une erreur partagée par toutes les équipes qui se sont succédé au Capitole et qu’il serait malhonnête d’attribuer à la seule Virginia Raggi, arrivée aux commandes de la ville à l’été 2016.

L’élue grilliniste a, en revanche, tardé à prendre la mesure de la catastrophe : Sabrina Anselmo, maire d’Anguillara, une des trois communes lacustres des bords du lac de Bracciano, et issue, comme Virginia Raggi, du Mouvement 5 étoiles, a confié lundi à La Stampa qu’elle avait alerté sa collègue romaine à plusieurs reprises, et que celle-ci ne s’était jamais déplacée pour participer aux réunions sur le devenir du lac.

Dans ce contexte très tendu, et alors que rien n’indique un changement de temps dans les prochains jours, le seul allié des décideurs municipaux semble bien être le calendrier : fin juillet, comme tous les ans, Rome sera désertée pour cause de vacances, ce qui aura pour effet de diminuer la demande. Comme si la seule solution permettant, à court terme, de préserver l’alimentation en eau des Romains était la perspective du départ d’une bonne partie de ses habitants.
 

Source : Le Monde
Crédit : MASSIMO PERCOSSO / AP

Sur la rive du lac de Bracciano au nord-ouest de Rome, le 23 juillet.

LE GUIDE Naturellement

Agenda . . .

21 - COTES-D'OR

Du 8 avril 2017 au 7 janvier 2018
"SAUVAGES"

Lynx boréal, Ours brun, Loup gris, Renard roux et Loutre d'Europe.
Cette nouvelle exposition propose une mise en scène originale adaptée à un public familial. De nombreuses illustrations, schémas, spécimens naturalisés, pièces archéologiques et ostéologiques, témoignages d’experts… apportent des éléments objectifs, de façon claire et synthétique sur ces cinq Mammifères Carnivores. Le visiteur pourra ainsi, en toute connaissance de cause, avoir un avis éclairé sur la place qu’il serait prêt à leur laisser.

Jardin des sciences
Avenue Albert 1er & 14 rue Jehan de Marville (Parc de l’Arquebuse)
21000 Dijon
03 80 48 82 00
www.dijon.fr


30 - GARD

14 avril au 1er mai
"VENEZ VOLER DANS LA GROTTE DE LA SALAMANDRE"

Vivez une expérience extraordinaire : voler en ballon dans une énorme caverne… Embarquer dans l’’Aéroplume, un ballon plus léger que l’’air, mu par la force humaine.

Grotte de la Salamandre
30430 Méjannes le Clap
04 66 600 600
www.grottedelasalamandre.com


40 - LANDES

Du 15 avril au 26 novembre

"L'ART DES CHASSEURS PRÉHISTORIQUES"

A travers cette exposition, la Maison de la Dame propose de découvrir toutes les facettes de l'art des chasseurs préhistoriques.

La Maison de la Dame de Brassempouy
404 rue du Musée
40330 Brassempouy
05 58 89 21 73
www.prehistoire-brassempouy.fr


70 - HAUTE-SAONE

Du 29 septembre au 22 décembre
"LA SÉGRÉGATION ET LA GLOIRE, LES SOLDATS NOIRS-AMÉRICAINS AU CŒUR DE LA GRANDE GUERRE"

Cette exposition traite de l’engagement des noirs-américains dans la 1ère guerre mondiale. Ces derniers bien que libérés de l’esclavage en 1865 subissaient alors des discriminations économiques et sociales auxquelles s’ajoutaient dans les états du Sud des Etats-Unis, la ségrégation raciale.

Maison de la Négritude et des Droits de l'Homme
24 Grande Rue
70290 Champagney
03 84 23 25 45
www.maisondelanegritude.fr


74 - HAUTE-SAVOIE

Jusqu'au 31 décembre 2018
EXPOSITION TEMPORAIRE
"Sibérie centrale et orientale"

Muséum des Papillons
et Insectes du Château de Faverges

293 chemin de la Vie Plaine
74210 Faverges
07 78 41 33 51
www.museum-faverges.com


81 - TARN

Du 1er décembre au 31 janvier 2018
FESTIVAL DES LANTERNES
Féérie des lumières d'Asie

Chaque soir à la tombée de la nuit, la féérie des lanternes chinoises illumine le site classé du parc Foucaud.
Autour du château, sous les arbres millénaires ornés de lumière, dans les bassins et pièces d'eau, vingt tableaux se succèdent entre pagodes, temples asiatiques, animaux fantastiques, nénuphars et autres pandas.

Parc de Foucaud
Avenue Dom Vaysette
81600 Gaillac
https://festivaldeslanternes-gaillac.fr

Lieux:

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