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Les futurs records sportifs seront-ils ceux d'un homme amélioré ?
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Les futurs records sportifs seront-ils ceux d'un homme amélioré ?

Le 5 novembre 2017, plus de 50.000 coureurs participent au marathon de New-York. Avec un nouveau record à la clé ? Marathon ou sprint, des scientifiques estiment que l'ère des records s'achève. A moins que le dopage, les manipulations génétiques ou technologiques ne viennent bouleverser l'ordre des choses.

"La pente de progression est quasiment nulle pour la plupart des épreuves d'athlétisme"

Aux Mondiaux d'athlétisme de Londres durant l'été 2017, un seul record du monde est tombé, sur 50 km marche dames. Un an plus tôt, deux meilleurs chronos étaient battus aux JO de Rio, sur 400 m hommes et 10.000 m dames. Quant au semi-marathon, la Kényane Joyciline Jepkosgei a certes amélioré son record fin octobre 2017, mais seulement d'une seconde. Ainsi, après les records instaurés et battus en nombre au 20e siècle, "la pente de progression est quasiment nulle pour la plupart des épreuves d'athlétisme", résume Marc Andy, chercheur à l'Institut de recherche biomédicale et d'épidémiologie du sport (Irmes).

Ce département rattaché à l'Institut national du sport, de l'expertise et de la performance (Insep) avait annoncé dès 2007 la limite inéluctable et proche des capacités physiologiques humaines, en analysant l'évolution des performances depuis les premiers Jeux de l'ère moderne ayant eu lieu en 1896. Ainsi, le Kényan Eliud Kipchoge, 32 ans, n'a pas réussi à passer la barre mythique des 2 heures lors du marathon de mai 2017, courant les 42,195 km en 2h00:25. Pourtant, les conditions de courses étaient si idéales que la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF) n'a pas homologué la performance. En effet, ce marathon survenu dans le cadre d'un projet promotionnel de Nike, permettait au sportif de disposer d'équipes de lièvres (coureurs chargés de donner le rythme au sportif sans avoir pour objectif de remporter la course) frais et une voiture le protégeant. Le record du monde officiel reste donc celui d'un autre Kényan, Dennis Kimetto, qui a fini la course en 2h02:57 à Berlin en 2014.

Des performances permises grâce à une multitude de facteurs variables

Concernant cette discipline reine, passés la température idéale - autour de 12°C - et le petit gabarit, "il y a plusieurs dizaines de facteurs qui jouent, aussi bien au niveau du type de morphologie que des critères physiologiques ou biomécaniques", estime Pierre Sallet, docteur en physiologie et président d'Athletes for Transparency, association promouvant l'intégrité dans le sport. Pour lui, des marges de progression limitées existent, mais dépendent d'un nombre incalculable de facteurs. "Comment va-t-on identifier ces paramètres dès les catégories jeunes ? Comment va-t-on gérer la nutrition, l'entraînement en altitude, optimiser les états de forme et (...) de fatigue pour arriver le jour J dans un état (...) optimal ?", énumère-t-il.

"Trois grands paramètres physiologiques vont jouer lors d'un marathon : l'endurance, la capacité à créer de l'énergie à l'aide de l'oxygène", mesurée par la VO2max ou consommation maximale d'oxygène, "et l'efficience motrice" soit la capacité de l'organisme à économiser l'énergie, expose à l'AFP Vincent Pialoux, directeur adjoint du Laboratoire inter-universitaire de biologie de la motricité (Libm) de Lyon. "Sur ces trois facteurs, si on prend les meilleures données mesurées en laboratoire sur des athlètes différents, on arrive à des temps bien en-deçà des limites prédites" par les modèles basés sur l'évolution des performances, explique-t-il.

Un seul et même athlète peut-il combiner toutes les données optimales ? Quand l'Ethiopien Haile Gebreselassie a battu son propre record du monde à Berlin en 2008 (2h03:59), il avait 35 ans. Or, "la VO2max diminue avec le temps", note Vincent Pialoux. Mais plus jeune, il n'est pas certain qu'il aurait eu la même économie de course. Lorsqu'un facteur s'améliore, un autre s'est donc peut-être détérioré.

Le champion de demain : un humain amélioré ?

Dans ce contexte contraint, le dopage fera-t-il exploser tous les modèles ? Faut-il craindre le scénario imaginé par le philosophe belge Jean-Noël Missa, où les jeux Olympiques de Bruxelles de 2144 voient s'affronter des athlètes génétiquement modifiés courant pour de grandes firmes ? Dans le monde réel, Xavier Bigard, conseiller scientifique de l'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD), identifie plusieurs menaces. Au niveau pharmacologique, il évoque les "exercise pills", des substances ayant une vocation médicale pour les patients en surpoids, mais qui pourraient être détournées pour "majorer les effets de l'entraînement". Ou des produits apparentés à la molécule FG4592, susceptibles de déclencher la fabrication d'EPO par le corps et améliorer le transport d'oxygène dans le sang.

Alors que la thérapie cellulaire, permettant de soigner une blessure par l'apport de cellules souches, a fait son apparition dans le sport, le dopage génétique est l'objet de craintes. Avec notamment, la possibilité, un jour, de jouer avec des gènes intervenant dans le développement de la masse et des cellules musculaires. Mais "la carte d'identité d'une fibre musculaire repose sur plus d'un millier de gènes, on ne peut pas tous les modifier", tempère Xavier Bigard, prévenant les apprentis sorciers que "la machine humaine est très complexe". "La transformation de l'homme en animal capable de courir un marathon en 1h40, elle sera longue si elle est possible et elle recèle un nombre incalculable de limites scientifiques", ajoute Pierre Sallet. Et "il y aura quand même une limite : maintenir la personne en vie".
 

Source : Sciences et Avenir
Crédit : Robert F. Bukaty/AP/SIPA

Le Kenyan Eliud Kipchoge aux Jeux Olympiques de Rio en 2016.

Les futurs records sportifs seront-ils ceux d'un homme amélioré ? Actualités

Les futurs records sportifs seront-ils ceux d'un homme amélioré ?

Le 5 novembre 2017, plus de 50.000 coureurs participent au marathon de New-York. Avec un nouveau record à la clé ? Marathon ou sprint, des scientifiques estiment que l'ère des records s'achève. A moins que le dopage, les manipulations génétiques ou technologiques ne viennent bouleverser l'ordre des choses.

"La pente de progression est quasiment nulle pour la plupart des épreuves d'athlétisme"

Aux Mondiaux d'athlétisme de Londres durant l'été 2017, un seul record du monde est tombé, sur 50 km marche dames. Un an plus tôt, deux meilleurs chronos étaient battus aux JO de Rio, sur 400 m hommes et 10.000 m dames. Quant au semi-marathon, la Kényane Joyciline Jepkosgei a certes amélioré son record fin octobre 2017, mais seulement d'une seconde. Ainsi, après les records instaurés et battus en nombre au 20e siècle, "la pente de progression est quasiment nulle pour la plupart des épreuves d'athlétisme", résume Marc Andy, chercheur à l'Institut de recherche biomédicale et d'épidémiologie du sport (Irmes).

Ce département rattaché à l'Institut national du sport, de l'expertise et de la performance (Insep) avait annoncé dès 2007 la limite inéluctable et proche des capacités physiologiques humaines, en analysant l'évolution des performances depuis les premiers Jeux de l'ère moderne ayant eu lieu en 1896. Ainsi, le Kényan Eliud Kipchoge, 32 ans, n'a pas réussi à passer la barre mythique des 2 heures lors du marathon de mai 2017, courant les 42,195 km en 2h00:25. Pourtant, les conditions de courses étaient si idéales que la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF) n'a pas homologué la performance. En effet, ce marathon survenu dans le cadre d'un projet promotionnel de Nike, permettait au sportif de disposer d'équipes de lièvres (coureurs chargés de donner le rythme au sportif sans avoir pour objectif de remporter la course) frais et une voiture le protégeant. Le record du monde officiel reste donc celui d'un autre Kényan, Dennis Kimetto, qui a fini la course en 2h02:57 à Berlin en 2014.

Des performances permises grâce à une multitude de facteurs variables

Concernant cette discipline reine, passés la température idéale - autour de 12°C - et le petit gabarit, "il y a plusieurs dizaines de facteurs qui jouent, aussi bien au niveau du type de morphologie que des critères physiologiques ou biomécaniques", estime Pierre Sallet, docteur en physiologie et président d'Athletes for Transparency, association promouvant l'intégrité dans le sport. Pour lui, des marges de progression limitées existent, mais dépendent d'un nombre incalculable de facteurs. "Comment va-t-on identifier ces paramètres dès les catégories jeunes ? Comment va-t-on gérer la nutrition, l'entraînement en altitude, optimiser les états de forme et (...) de fatigue pour arriver le jour J dans un état (...) optimal ?", énumère-t-il.

"Trois grands paramètres physiologiques vont jouer lors d'un marathon : l'endurance, la capacité à créer de l'énergie à l'aide de l'oxygène", mesurée par la VO2max ou consommation maximale d'oxygène, "et l'efficience motrice" soit la capacité de l'organisme à économiser l'énergie, expose à l'AFP Vincent Pialoux, directeur adjoint du Laboratoire inter-universitaire de biologie de la motricité (Libm) de Lyon. "Sur ces trois facteurs, si on prend les meilleures données mesurées en laboratoire sur des athlètes différents, on arrive à des temps bien en-deçà des limites prédites" par les modèles basés sur l'évolution des performances, explique-t-il.

Un seul et même athlète peut-il combiner toutes les données optimales ? Quand l'Ethiopien Haile Gebreselassie a battu son propre record du monde à Berlin en 2008 (2h03:59), il avait 35 ans. Or, "la VO2max diminue avec le temps", note Vincent Pialoux. Mais plus jeune, il n'est pas certain qu'il aurait eu la même économie de course. Lorsqu'un facteur s'améliore, un autre s'est donc peut-être détérioré.

Le champion de demain : un humain amélioré ?

Dans ce contexte contraint, le dopage fera-t-il exploser tous les modèles ? Faut-il craindre le scénario imaginé par le philosophe belge Jean-Noël Missa, où les jeux Olympiques de Bruxelles de 2144 voient s'affronter des athlètes génétiquement modifiés courant pour de grandes firmes ? Dans le monde réel, Xavier Bigard, conseiller scientifique de l'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD), identifie plusieurs menaces. Au niveau pharmacologique, il évoque les "exercise pills", des substances ayant une vocation médicale pour les patients en surpoids, mais qui pourraient être détournées pour "majorer les effets de l'entraînement". Ou des produits apparentés à la molécule FG4592, susceptibles de déclencher la fabrication d'EPO par le corps et améliorer le transport d'oxygène dans le sang.

Alors que la thérapie cellulaire, permettant de soigner une blessure par l'apport de cellules souches, a fait son apparition dans le sport, le dopage génétique est l'objet de craintes. Avec notamment, la possibilité, un jour, de jouer avec des gènes intervenant dans le développement de la masse et des cellules musculaires. Mais "la carte d'identité d'une fibre musculaire repose sur plus d'un millier de gènes, on ne peut pas tous les modifier", tempère Xavier Bigard, prévenant les apprentis sorciers que "la machine humaine est très complexe". "La transformation de l'homme en animal capable de courir un marathon en 1h40, elle sera longue si elle est possible et elle recèle un nombre incalculable de limites scientifiques", ajoute Pierre Sallet. Et "il y aura quand même une limite : maintenir la personne en vie".
 

Source : Sciences et Avenir
Crédit : Robert F. Bukaty/AP/SIPA

Le Kenyan Eliud Kipchoge aux Jeux Olympiques de Rio en 2016.

LE GUIDE Naturellement

Agenda . . .

21 - COTES-D'OR

Du 8 avril 2017 au 7 janvier 2018
"SAUVAGES"

Lynx boréal, Ours brun, Loup gris, Renard roux et Loutre d'Europe.
Cette nouvelle exposition propose une mise en scène originale adaptée à un public familial. De nombreuses illustrations, schémas, spécimens naturalisés, pièces archéologiques et ostéologiques, témoignages d’experts… apportent des éléments objectifs, de façon claire et synthétique sur ces cinq Mammifères Carnivores. Le visiteur pourra ainsi, en toute connaissance de cause, avoir un avis éclairé sur la place qu’il serait prêt à leur laisser.

Jardin des sciences
Avenue Albert 1er & 14 rue Jehan de Marville (Parc de l’Arquebuse)
21000 Dijon
03 80 48 82 00
www.dijon.fr


30 - GARD

14 avril au 1er mai
"VENEZ VOLER DANS LA GROTTE DE LA SALAMANDRE"

Vivez une expérience extraordinaire : voler en ballon dans une énorme caverne… Embarquer dans l’’Aéroplume, un ballon plus léger que l’’air, mu par la force humaine.

Grotte de la Salamandre
30430 Méjannes le Clap
04 66 600 600
www.grottedelasalamandre.com


40 - LANDES

Du 15 avril au 26 novembre

"L'ART DES CHASSEURS PRÉHISTORIQUES"

A travers cette exposition, la Maison de la Dame propose de découvrir toutes les facettes de l'art des chasseurs préhistoriques.

La Maison de la Dame de Brassempouy
404 rue du Musée
40330 Brassempouy
05 58 89 21 73
www.prehistoire-brassempouy.fr


70 - HAUTE-SAONE

Du 29 septembre au 22 décembre
"LA SÉGRÉGATION ET LA GLOIRE, LES SOLDATS NOIRS-AMÉRICAINS AU CŒUR DE LA GRANDE GUERRE"

Cette exposition traite de l’engagement des noirs-américains dans la 1ère guerre mondiale. Ces derniers bien que libérés de l’esclavage en 1865 subissaient alors des discriminations économiques et sociales auxquelles s’ajoutaient dans les états du Sud des Etats-Unis, la ségrégation raciale.

Maison de la Négritude et des Droits de l'Homme
24 Grande Rue
70290 Champagney
03 84 23 25 45
www.maisondelanegritude.fr


74 - HAUTE-SAVOIE

Jusqu'au 31 décembre 2018
EXPOSITION TEMPORAIRE
"Sibérie centrale et orientale"

Muséum des Papillons
et Insectes du Château de Faverges

293 chemin de la Vie Plaine
74210 Faverges
07 78 41 33 51
www.museum-faverges.com


81 - TARN

Du 1er décembre au 31 janvier 2018
FESTIVAL DES LANTERNES
Féérie des lumières d'Asie

Chaque soir à la tombée de la nuit, la féérie des lanternes chinoises illumine le site classé du parc Foucaud.
Autour du château, sous les arbres millénaires ornés de lumière, dans les bassins et pièces d'eau, vingt tableaux se succèdent entre pagodes, temples asiatiques, animaux fantastiques, nénuphars et autres pandas.

Parc de Foucaud
Avenue Dom Vaysette
81600 Gaillac
https://festivaldeslanternes-gaillac.fr

Lieux:

Découvrir toutes les activités