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La véritable histoire des couleurs de la peau
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La véritable histoire des couleurs de la peau

Si la diversité de la couleur de peau est un trait marquant de l’homme moderne, ses causes génétiques sont encore mal connues. Récemment, cependant, une vaste étude génomique sur des populations africaines a identifié plusieurs variants de gènes impliqués dans la pigmentation de la peau. Ces variants et leur évolution révèlent que l’histoire de la couleur de la peau est bien plus ancienne qu’on ne le pensait.

Les paléoanthropologues s’accordent à dire que nos ancêtres australopithèques avaient probablement la peau claire sous les poils. Ils privilégiaient jusqu'ici le scénario suivant : il y a plus de deux millions d’années, leurs descendants avaient perdu la plupart de leurs poils ; leur peau a alors évolué rapidement en s’assombrissant, ce qui les protégeait des effets néfastes des rayons ultraviolets ; puis, quand les humains ont migré hors d’Afrique vers des latitudes plus élevées, moins ensoleillées, leur peau aurait évolué vers une couleur plus claire. La nouvelle étude révèle un scénario bien plus compliqué.

Réalisée par une équipe internationale conduite par Sarah Tishkoff, de l’université de Pennsylvanie, à Philadelphie, cette étude a permis de rassembler la plus grande base de données associées à la couleur de la peau. Les chercheurs ont séquencé les génomes de 2 092 africains d’origine variée, vivant en Éthiopie, Tanzanie et au Botswana, et les ont comparés à des génomes de populations ouest-africaines, eurasiennes et australo-mélanésiennes. « Ce travail est enthousiasmant. Beaucoup d’articles ont déjà été publiés sur le sujet, mais les travaux restaient monodisciplinaires. Ici, l’approche est large, avec des mesures de variation de couleur, de la génétique massive et moderne, une reconstitution de l’histoire évolutive et l’utilisation d’espèces animales modèles, pour expliquer au niveau fonctionnel le phénotype lié à une mutation particulière », apprécie Paul Verdu, chercheur au Muséum national d'histoire naturelle, à Paris, qui n’a pas participé aux travaux.

Ces travaux ont ainsi montré qu’une grande partie des mutations associées aux couleurs de peau sont apparues avant même l’émergence d’Homo sapiens (il y a quelque 300 000 ans). Notamment, ils suggèrent que des variants de deux gènes connus pour être associés à des yeux, une peau et des cheveux clairs chez les Européens seraient en fait apparus il y a un million d’années… en Afrique. Ils se seraient ensuite répandus en Europe et en Asie, où on les retrouve aussi. « Certaines mutations responsables de la diversité des couleurs sont apparues rapidement après la perte des poils et font donc partie de la boîte à outils génétique depuis longtemps. Elles se seraient transmises différemment dans les différentes populations sous l’effet de sélections diverses ou du hasard », pointe Paul Verdu.

Les biologistes ont aussi confirmé des hypothèses déjà proposées, comme les migrations « back to Africa ». En effet, un variant de « dépigmentation » du gène SLC24A5, lié à une peau pâle et connu pour s’être répandu en Europe, s’est révélé fréquent en Afrique de l’Est, même chez des individus à la peau sombre (signe que ce variant n’agit pas seul pour donner une peau claire). Ce variant serait apparu en Eurasie assez récemment, il y a environ 29 000 ans, s’y serait totalement répandu il y a 6 000 ans, et aurait migré en retour depuis le Moyen-Orient vers l’Afrique de l’Est.

En fait, des scénarios complexes sont à envisager pour l’histoire de chaque mutation. Celles du gène MFSD12 sont intéressantes. Deux mutations identifiées sur ce gène en diminuent l’expression et sont associées à une couleur de peau foncée, ce qui a été confirmé par des modèles de souris et de poisson-zèbre. Or ces mutations se retrouvent chez des populations mélanésiennes et aborigènes australiennes. « Cela confirme l’hypothèse de la sortie de l’Afrique il y a 80 000 ans par la corne de l’Afrique, après l’apparition de ces mutations. Des populations ont migré vers le Pacifique ou l’Eurasie et ces mutations ont été maintenues ou non selon les régions », résume Paul Verdu. « Tout ceci reste à valider par des études encore plus larges, en incluant des populations hors d’Afrique, mais ce travail énorme éclaire l’histoire évolutive des traits que l’on observe aujourd’hui », conclut le chercheur. Une chose est sûre, s’il était encore besoin de la démontrer : la diversité des humains est telle, et leur histoire évolutive est d’une telle complexité, qu’il ne saurait exister de race.
 

Source : Pour la science
Crédit : Alessia Ranciaro

Cette femme du peuple Hamer, en Éthiopie, est l'une des 2 092 personnes qui ont participé à l'étude.

La véritable histoire des couleurs de la peau Actualités

La véritable histoire des couleurs de la peau

Si la diversité de la couleur de peau est un trait marquant de l’homme moderne, ses causes génétiques sont encore mal connues. Récemment, cependant, une vaste étude génomique sur des populations africaines a identifié plusieurs variants de gènes impliqués dans la pigmentation de la peau. Ces variants et leur évolution révèlent que l’histoire de la couleur de la peau est bien plus ancienne qu’on ne le pensait.

Les paléoanthropologues s’accordent à dire que nos ancêtres australopithèques avaient probablement la peau claire sous les poils. Ils privilégiaient jusqu'ici le scénario suivant : il y a plus de deux millions d’années, leurs descendants avaient perdu la plupart de leurs poils ; leur peau a alors évolué rapidement en s’assombrissant, ce qui les protégeait des effets néfastes des rayons ultraviolets ; puis, quand les humains ont migré hors d’Afrique vers des latitudes plus élevées, moins ensoleillées, leur peau aurait évolué vers une couleur plus claire. La nouvelle étude révèle un scénario bien plus compliqué.

Réalisée par une équipe internationale conduite par Sarah Tishkoff, de l’université de Pennsylvanie, à Philadelphie, cette étude a permis de rassembler la plus grande base de données associées à la couleur de la peau. Les chercheurs ont séquencé les génomes de 2 092 africains d’origine variée, vivant en Éthiopie, Tanzanie et au Botswana, et les ont comparés à des génomes de populations ouest-africaines, eurasiennes et australo-mélanésiennes. « Ce travail est enthousiasmant. Beaucoup d’articles ont déjà été publiés sur le sujet, mais les travaux restaient monodisciplinaires. Ici, l’approche est large, avec des mesures de variation de couleur, de la génétique massive et moderne, une reconstitution de l’histoire évolutive et l’utilisation d’espèces animales modèles, pour expliquer au niveau fonctionnel le phénotype lié à une mutation particulière », apprécie Paul Verdu, chercheur au Muséum national d'histoire naturelle, à Paris, qui n’a pas participé aux travaux.

Ces travaux ont ainsi montré qu’une grande partie des mutations associées aux couleurs de peau sont apparues avant même l’émergence d’Homo sapiens (il y a quelque 300 000 ans). Notamment, ils suggèrent que des variants de deux gènes connus pour être associés à des yeux, une peau et des cheveux clairs chez les Européens seraient en fait apparus il y a un million d’années… en Afrique. Ils se seraient ensuite répandus en Europe et en Asie, où on les retrouve aussi. « Certaines mutations responsables de la diversité des couleurs sont apparues rapidement après la perte des poils et font donc partie de la boîte à outils génétique depuis longtemps. Elles se seraient transmises différemment dans les différentes populations sous l’effet de sélections diverses ou du hasard », pointe Paul Verdu.

Les biologistes ont aussi confirmé des hypothèses déjà proposées, comme les migrations « back to Africa ». En effet, un variant de « dépigmentation » du gène SLC24A5, lié à une peau pâle et connu pour s’être répandu en Europe, s’est révélé fréquent en Afrique de l’Est, même chez des individus à la peau sombre (signe que ce variant n’agit pas seul pour donner une peau claire). Ce variant serait apparu en Eurasie assez récemment, il y a environ 29 000 ans, s’y serait totalement répandu il y a 6 000 ans, et aurait migré en retour depuis le Moyen-Orient vers l’Afrique de l’Est.

En fait, des scénarios complexes sont à envisager pour l’histoire de chaque mutation. Celles du gène MFSD12 sont intéressantes. Deux mutations identifiées sur ce gène en diminuent l’expression et sont associées à une couleur de peau foncée, ce qui a été confirmé par des modèles de souris et de poisson-zèbre. Or ces mutations se retrouvent chez des populations mélanésiennes et aborigènes australiennes. « Cela confirme l’hypothèse de la sortie de l’Afrique il y a 80 000 ans par la corne de l’Afrique, après l’apparition de ces mutations. Des populations ont migré vers le Pacifique ou l’Eurasie et ces mutations ont été maintenues ou non selon les régions », résume Paul Verdu. « Tout ceci reste à valider par des études encore plus larges, en incluant des populations hors d’Afrique, mais ce travail énorme éclaire l’histoire évolutive des traits que l’on observe aujourd’hui », conclut le chercheur. Une chose est sûre, s’il était encore besoin de la démontrer : la diversité des humains est telle, et leur histoire évolutive est d’une telle complexité, qu’il ne saurait exister de race.
 

Source : Pour la science
Crédit : Alessia Ranciaro

Cette femme du peuple Hamer, en Éthiopie, est l'une des 2 092 personnes qui ont participé à l'étude.

LE GUIDE Naturellement

Agenda . . .

07 - Adèche

Du 1er mai au 15 novembre
Exposition "ENTRE TERRE ET EAU"

Crises sociales et environnementales dans le Delta du Danube en Roumanie, à la fin du Néolithique. A près de 2 000 km de l'Ardèche, comment se passe la fin de la Préhistoire au bord du fleuve et de la Mer Noire ? Une exposition franco-roumaine inédite, interactive et immersive, à découvrir à la Cité de la Préhistoire !

Grand Site de l’Aven d’Orgnac
Place Robert de Joly
07150 Orgnac–L’Aven
04 75 38 65 10
www.orgnac.com


Du 20 octobre au 4 novembre
Démonstration "LES SECRETS DU FEU"

Un animateur de la Cité de la Préhistoire vous dévoile les différentes techniques d’allumage du feu à la manière préhistorique, bien avant l’invention du briquet : en frottant des cailloux ou du bois, tout simplement !
Durée : 30 min. De 11h45, 14h et 16h45.

Grand Site de l’Aven d’Orgnac
Place Robert de Joly
07150 Orgnac–L’Aven
04 75 38 65 10
www.orgnac.com


Du 20 octobre au 4 novembre
Visite spéciale Famille "LE COFFRE MYSTÉRIEUX"

Venez explorer la préhistoire autrement en partant à la recherche d’un mystérieux objet préhistorique dans la Cité. Un voyage dans le Temps pour petits et grands, qui devront revêtir les habits et ustensiles de nos
ancêtres pour traverser les âges anciens. Accompagnés par un archéologue et sa machine à remonter le Temps, saurez vous résoudre l’énigme ?
Durée : 1h15. A partir de 5 ans.

Grand Site de l’Aven d’Orgnac
Place Robert de Joly
07150 Orgnac–L’Aven
04 75 38 65 10
www.orgnac.com


14 - Calvados

Jusqu’au 29 février 2020
Exposition
"LES REQUINS ! 430 MILLIONS D’ANNÉES D’ÉVOLUTION"

Découvrez la grande diversité des requins, allant d’espèces de petites tailles, jusqu’aux poissons géants dont les dents sont plus grandes qu’une main humaine.
Cette exposition évoque également le grand danger auquel ils sont confrontés : l’Homme. Venez découvrir de nouvelles espèces et apprendre en vous amusant grâce à une fresque digitale.

Paléospace
Avenue Jean Moulin
14640 Villers-sur-Mer
02 31 81 77 60
www.paleospace-villers.fr


21 - Côte d'Or

Jusqu’au 6 janvier 2019
Exposition "GRAINES"

Elles sont partout… Du petit-déjeuner au coucher, dans nos vêtements, dans notre alimentation, dans nos parcs et jardins… sans même y penser elles font partie de notre quotidien et sont un pilier de la biodiversité végétale.
Cette nouvelle exposition, très ludique, propose à tous les visiteurs de découvrir une grande variété de graines d’ici et d’ailleurs et de s’interroger sur leurs enjeux dans un contexte de changement climatique et sociétal.

Le Jardin des sciences
Parc de l’Arquebuse
21000 Dijon
03 80 48 82 00
www.dijon.fr


Jusqu’au 31 mars 2019

Exposition de plein air
"IMPACTS ! HOMME-NATURE"

Venez découvrir les relations homme-nature au plus près du vivant !
De l’évolution du comportement animal à celui du climat et des milieux naturels, les chercheurs de Bourgogne et de Franche-Comté tentent de comprendre le rôle de l’Homme dans ces changements. Traversez ville, campagne et forêt et voyagez jusqu’aux pôles pour observer ces recherches in vivo !

Le Jardin des sciences
Parc de l’Arquebuse
21000 Dijon
03 80 48 82 00
www.dijon.fr


41 - Loir et Cher

Jusqu'au 31 décembre
LES JARDINS DE CHAMBORD

Le château a retrouvé en 2017 ses jardins à la française du XVIIIe siècle avec six hectares et demi au pied de la façade nord du château : plus de 600 arbres, 800 arbustes, 200 rosiers, 15 250 plantes...

Office de Tourisme de Blois-Chambord
23 place du château
41000 Blois
02 54 90 41 41
http://www.bloischambord.com


49 - Maine et Loire

Du 20 octobre au 4 novembre
"CONTES ET RACONTÉES SPÉCIAL 3-9 ANS"

Les raconte-tapis débarquent au Bioparc pour plonger les enfants dans l’univers des contes animaliers ! Réunis autour de ces magnifiques créations tissées mains animées par nos soigneurs, les enfants découvrent le terrain d’aventure des personnages de l’histoire.

Bioparc Doué la Fontaine
103 rue de Cholet
49700 Doué-en-Anjou
02 41 59 18 58
www.bioparc-zoo.fr


61 - Orne

Du 13 octobre au 23 décembre
Exposition : "LES HAIES", Joël Auxenfans

Ecomusée du Perche
Prieuré de Sainte-Gauburge
61130 Saint-Cyr-la-Rosiere
02 33 73 48 06
www.ecomuseeduperche.fr


76 - Seine Maritime

Du 15 septembre au 15 décembre
Exposition "L’abbé Pierre photographe, un regard sur le monde"

L'exposition présente soixante-dix photographies inédites prises par l’abbé Pierre lui-même dans de nombreux pays. Elles témoignent de la vitalité des personnes pauvres dans le monde et dévoilent le regard lucide et plein d’amour.

Centre abbé Pierre - Emmaüs
Route d'Emmaüs
76690 Esteville
02 35 23 87 76
www.centre-abbe-pierre-emmaus.org


87 - Haute-Vienne

Du 1er avril au 4 novembre
Exposition : « L’ÉLOGE DE L’ÉTRANGE ET DE L’INCOMPRIS »

Une revisite du Cabinet des Curiosités par 7 artistes qui explorent des thèmes à la fois scientifiques et naturalistes, mais aussi oniriques et bouleversants, merveilleux et revendiquant.

La Cité des insectes
Chaud 87120 Nedde
05 55 04 02 55
www.lacitedesinsectes.com


31 octobre
LA CHASSE D’HALLOWEEN AUX PETITES BÊTES !

La Chasse d’Halloween aux petites bêtes ! Avec dégustation d’insectes ! des cadeaux pour tout le monde mais surtout la famille la mieux déguisée recevra une belle surprise.

La Cité des insectes
Chaud 87120 Nedde
05 55 04 02 55
www.lacitedesinsectes.com

Lieux:

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