Bienvenue dans un nouveau monde... le notre

Espoir autour d'une molécule anticancer issue du corail
Actualités

Espoir autour d'une molécule anticancer issue du corail

Guerres de territoire, attaques chimiques, toxines… Ce vocabulaire belliqueux n'est pas là pour décrire un conflit mais s'applique aux coraux qui mènent une vie loin d'être tranquille dans les océans du monde. Depuis des centaines de millions d'années les différentes espèces de coraux sont en concurrence, chacune voulant obtenir la meilleure niche écologique. "Pour parvenir à leurs fins ils ont développé un véritable arsenal chimique qui a été peaufiné au fil du temps" souligne Frédéric Gault, un des deux fondateurs de la start-up Coral Biome installée sur le campus de Luminy, à Marseille.

Une ferme dans les calanques

Cette jeune pousse, fondée en 2011, a développé une expertise dans la culture des coraux et accueille actuellement dans sa " ferme ", au pied des calanques marseillaises, une centaine d'espèces de coraux mais aussi quelques gorgones et petites éponges. Certains sont élevés pour leurs couleurs ou leurs formes et revendus à des collectionneurs ou à des aquaculteurs pour l'ornementation. Mais le cœur de métier de Coral Biome est l'identification et l'exploitation de molécules à visée thérapeutique issues de ces coraux. Une activité presque neuve : cela fait une trentaine d'années que ces drôles d'animaux font l'objet de recherches et peut-être moins de dix ans que le potentiel thérapeutique des toxines qu'ils sécrètent suscite un intérêt.

Parmi les pistes qui semblent prometteuses, Coral Biome a choisi de se concentrer sur l'activité anticancéreuse de la palytoxine, une molécule produite par une espèce de Palythoa, un corail mou qui pousse du côté de la Floride. "Cette toxine qui est sécrétée dans le mucus de l'animal et lui sert à se défendre contre les prédateurs et à tuer ses proies" précise Carole Valenti, la pharmacienne du groupe qui est chargée de transformer cette palytoxine en médicament anticancéreux. Pour obtenir un médicament, les étapes sont longues mais plusieurs ont déjà été menées à bien et la palytoxine au vu des premiers tests semble prometteuse contre une forme de cancer rare n'ayant actuellement pas de traitement efficace (pour des raisons de confidentialité, le type de cancer n'est pas précisé).

Une activité démontrée in vivo

Avant d’identifier cette capacité, il a fallu s’assurer de la constance de la source. Fort heureusement : "le Palythoa c’est un peu le chiendent de la mer, il est facile à trouver, se cultive assez facilement et pousse assez vite" explique Andréa Meriot, qui gère les aquariums et veille sur les pousses de coraux avec Mathieu Ferry. A condition toutefois d’avoir la bonne recette : de l’eau de mer (artificiellement recréée), beaucoup de lumière et un peu de broyat de plancton et la maitrise des innombrables interactions qui s'opèrent à l'intérieur d'un aquarium. Le choix de ce corail "élevable" répond au souhait des fondateurs de mener des recherches durables, en préservant les stocks de coraux naturels déjà fortement menacés par le réchauffement climatique et dont plusieurs colonies tout autour du monde sont atteintes par la maladie du blanchissement.

Après cette phase de sourcing, il faut ensuite récupérer par extraction, la toxine puis la purifier, la caractériser pour enfin pouvoir tester son potentiel thérapeutique. Et dans le cas de la palytoxine, il semble bien que ce potentiel soit présent. "Lors des tests in-vitro nous avons constaté que la palytoxine était efficace à des doses infinitésimales sur 56 lignées cancéreuses avec un différentiel de toxicité extrêmement favorable" souligne Sandrine Courtès, directrice scientifique de Coral Biome. Cela signifie que la palytoxine s’attaque préférentiellement aux cellules malades en préservant celles qui sont saines et qu’un médicament qui en serait dérivé aurait, potentiellement, peu d’effets secondaires. Parmi les souches cancéreuses testées certaines provenaient de cancers du poumon, de la peau, de leucémies et aussi donc de ce cancer orphelin sur lequel se concentre Coral Biome. "Nous avons choisi de développer cette application car ce cancer est incurable et nous espérons être les premiers à en proposer un traitement" précise-t-elle.

Grand chambardement

S’appuyant sur les résultats des tests in vitro, la start-up a initié une première série de tests in vivo sur des souris modèle de la maladie, dans le cadre d’un partenariat avec une UMR (Unité mixte de recherche) spécialisée sur cette pathologie. Là aussi les conclusions s’avèrent très positives : les souris traitées avec une administration unique à une dose non toxique ont vu leur survie doubler et des injections répétées ont conduit à une rémission avec disparition des symptômes et de la tumeur chez 75% des rongeurs. Ce succès ne signifie toutefois pas que des résultats similaires seront obtenus chez l’homme. Pour le savoir il faut maintenant enclencher une longue procédure de vérification et de certification. Elle commence par i les études pré-cliniques réglementaires qui auront lieu en 2019  et qui permettront de mieux comprendre le comportement de la palytoxine dans l’organisme et d’estimer la dose administrable chez l’homme. Il sera suivi, s’il est couronné de succès,  e premiers essais cliniques sur des sujets en 2021.  

Tous ces tests sont particulièrement encadrés et demandent une organisation interne conséquente. Pour s’y préparer Coral Biome va empaqueter ses précieux coraux et leurs aquariums pour les déménager début 2018 dans de nouveaux locaux, plus grands et équipés d'un laboratoire de recherche dédié. La start-up qui prévoit de recruter du personnel lance également une levée de fonds de 5,3 millions d’euros auprès de fonds institutionnels et privés.
 

Source : Science et Avenir
Crédit : Coral Biome

La start-up Coral Biome exploite des molécules issues des coraux pour développer de nouveaux médicaments.

Espoir autour d'une molécule anticancer issue du corail Actualités

Espoir autour d'une molécule anticancer issue du corail

Guerres de territoire, attaques chimiques, toxines… Ce vocabulaire belliqueux n'est pas là pour décrire un conflit mais s'applique aux coraux qui mènent une vie loin d'être tranquille dans les océans du monde. Depuis des centaines de millions d'années les différentes espèces de coraux sont en concurrence, chacune voulant obtenir la meilleure niche écologique. "Pour parvenir à leurs fins ils ont développé un véritable arsenal chimique qui a été peaufiné au fil du temps" souligne Frédéric Gault, un des deux fondateurs de la start-up Coral Biome installée sur le campus de Luminy, à Marseille.

Une ferme dans les calanques

Cette jeune pousse, fondée en 2011, a développé une expertise dans la culture des coraux et accueille actuellement dans sa " ferme ", au pied des calanques marseillaises, une centaine d'espèces de coraux mais aussi quelques gorgones et petites éponges. Certains sont élevés pour leurs couleurs ou leurs formes et revendus à des collectionneurs ou à des aquaculteurs pour l'ornementation. Mais le cœur de métier de Coral Biome est l'identification et l'exploitation de molécules à visée thérapeutique issues de ces coraux. Une activité presque neuve : cela fait une trentaine d'années que ces drôles d'animaux font l'objet de recherches et peut-être moins de dix ans que le potentiel thérapeutique des toxines qu'ils sécrètent suscite un intérêt.

Parmi les pistes qui semblent prometteuses, Coral Biome a choisi de se concentrer sur l'activité anticancéreuse de la palytoxine, une molécule produite par une espèce de Palythoa, un corail mou qui pousse du côté de la Floride. "Cette toxine qui est sécrétée dans le mucus de l'animal et lui sert à se défendre contre les prédateurs et à tuer ses proies" précise Carole Valenti, la pharmacienne du groupe qui est chargée de transformer cette palytoxine en médicament anticancéreux. Pour obtenir un médicament, les étapes sont longues mais plusieurs ont déjà été menées à bien et la palytoxine au vu des premiers tests semble prometteuse contre une forme de cancer rare n'ayant actuellement pas de traitement efficace (pour des raisons de confidentialité, le type de cancer n'est pas précisé).

Une activité démontrée in vivo

Avant d’identifier cette capacité, il a fallu s’assurer de la constance de la source. Fort heureusement : "le Palythoa c’est un peu le chiendent de la mer, il est facile à trouver, se cultive assez facilement et pousse assez vite" explique Andréa Meriot, qui gère les aquariums et veille sur les pousses de coraux avec Mathieu Ferry. A condition toutefois d’avoir la bonne recette : de l’eau de mer (artificiellement recréée), beaucoup de lumière et un peu de broyat de plancton et la maitrise des innombrables interactions qui s'opèrent à l'intérieur d'un aquarium. Le choix de ce corail "élevable" répond au souhait des fondateurs de mener des recherches durables, en préservant les stocks de coraux naturels déjà fortement menacés par le réchauffement climatique et dont plusieurs colonies tout autour du monde sont atteintes par la maladie du blanchissement.

Après cette phase de sourcing, il faut ensuite récupérer par extraction, la toxine puis la purifier, la caractériser pour enfin pouvoir tester son potentiel thérapeutique. Et dans le cas de la palytoxine, il semble bien que ce potentiel soit présent. "Lors des tests in-vitro nous avons constaté que la palytoxine était efficace à des doses infinitésimales sur 56 lignées cancéreuses avec un différentiel de toxicité extrêmement favorable" souligne Sandrine Courtès, directrice scientifique de Coral Biome. Cela signifie que la palytoxine s’attaque préférentiellement aux cellules malades en préservant celles qui sont saines et qu’un médicament qui en serait dérivé aurait, potentiellement, peu d’effets secondaires. Parmi les souches cancéreuses testées certaines provenaient de cancers du poumon, de la peau, de leucémies et aussi donc de ce cancer orphelin sur lequel se concentre Coral Biome. "Nous avons choisi de développer cette application car ce cancer est incurable et nous espérons être les premiers à en proposer un traitement" précise-t-elle.

Grand chambardement

S’appuyant sur les résultats des tests in vitro, la start-up a initié une première série de tests in vivo sur des souris modèle de la maladie, dans le cadre d’un partenariat avec une UMR (Unité mixte de recherche) spécialisée sur cette pathologie. Là aussi les conclusions s’avèrent très positives : les souris traitées avec une administration unique à une dose non toxique ont vu leur survie doubler et des injections répétées ont conduit à une rémission avec disparition des symptômes et de la tumeur chez 75% des rongeurs. Ce succès ne signifie toutefois pas que des résultats similaires seront obtenus chez l’homme. Pour le savoir il faut maintenant enclencher une longue procédure de vérification et de certification. Elle commence par i les études pré-cliniques réglementaires qui auront lieu en 2019  et qui permettront de mieux comprendre le comportement de la palytoxine dans l’organisme et d’estimer la dose administrable chez l’homme. Il sera suivi, s’il est couronné de succès,  e premiers essais cliniques sur des sujets en 2021.  

Tous ces tests sont particulièrement encadrés et demandent une organisation interne conséquente. Pour s’y préparer Coral Biome va empaqueter ses précieux coraux et leurs aquariums pour les déménager début 2018 dans de nouveaux locaux, plus grands et équipés d'un laboratoire de recherche dédié. La start-up qui prévoit de recruter du personnel lance également une levée de fonds de 5,3 millions d’euros auprès de fonds institutionnels et privés.
 

Source : Science et Avenir
Crédit : Coral Biome

La start-up Coral Biome exploite des molécules issues des coraux pour développer de nouveaux médicaments.

LE GUIDE Naturellement

Agenda . . .

21 - COTES-D'OR

Du 8 avril 2017 au 7 janvier 2018
"SAUVAGES"

Lynx boréal, Ours brun, Loup gris, Renard roux et Loutre d'Europe.
Cette nouvelle exposition propose une mise en scène originale adaptée à un public familial. De nombreuses illustrations, schémas, spécimens naturalisés, pièces archéologiques et ostéologiques, témoignages d’experts… apportent des éléments objectifs, de façon claire et synthétique sur ces cinq Mammifères Carnivores. Le visiteur pourra ainsi, en toute connaissance de cause, avoir un avis éclairé sur la place qu’il serait prêt à leur laisser.

Jardin des sciences
Avenue Albert 1er & 14 rue Jehan de Marville (Parc de l’Arquebuse)
21000 Dijon
03 80 48 82 00
www.dijon.fr


30 - GARD

14 avril au 1er mai
"VENEZ VOLER DANS LA GROTTE DE LA SALAMANDRE"

Vivez une expérience extraordinaire : voler en ballon dans une énorme caverne… Embarquer dans l’’Aéroplume, un ballon plus léger que l’’air, mu par la force humaine.

Grotte de la Salamandre
30430 Méjannes le Clap
04 66 600 600
www.grottedelasalamandre.com


40 - LANDES

Du 15 avril au 26 novembre

"L'ART DES CHASSEURS PRÉHISTORIQUES"

A travers cette exposition, la Maison de la Dame propose de découvrir toutes les facettes de l'art des chasseurs préhistoriques.

La Maison de la Dame de Brassempouy
404 rue du Musée
40330 Brassempouy
05 58 89 21 73
www.prehistoire-brassempouy.fr


70 - HAUTE-SAONE

Du 29 septembre au 22 décembre
"LA SÉGRÉGATION ET LA GLOIRE, LES SOLDATS NOIRS-AMÉRICAINS AU CŒUR DE LA GRANDE GUERRE"

Cette exposition traite de l’engagement des noirs-américains dans la 1ère guerre mondiale. Ces derniers bien que libérés de l’esclavage en 1865 subissaient alors des discriminations économiques et sociales auxquelles s’ajoutaient dans les états du Sud des Etats-Unis, la ségrégation raciale.

Maison de la Négritude et des Droits de l'Homme
24 Grande Rue
70290 Champagney
03 84 23 25 45
www.maisondelanegritude.fr


74 - HAUTE-SAVOIE

Jusqu'au 31 décembre 2018
EXPOSITION TEMPORAIRE
"Sibérie centrale et orientale"

Muséum des Papillons
et Insectes du Château de Faverges

293 chemin de la Vie Plaine
74210 Faverges
07 78 41 33 51
www.museum-faverges.com


81 - TARN

Du 1er décembre au 31 janvier 2018
FESTIVAL DES LANTERNES
Féérie des lumières d'Asie

Chaque soir à la tombée de la nuit, la féérie des lanternes chinoises illumine le site classé du parc Foucaud.
Autour du château, sous les arbres millénaires ornés de lumière, dans les bassins et pièces d'eau, vingt tableaux se succèdent entre pagodes, temples asiatiques, animaux fantastiques, nénuphars et autres pandas.

Parc de Foucaud
Avenue Dom Vaysette
81600 Gaillac
https://festivaldeslanternes-gaillac.fr

Lieux:

Découvrir toutes les activités