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Amazonie : la dernière bataille des Yanomami
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Amazonie : la dernière bataille des Yanomami

« Les chercheurs d’or se sont engouffrés dans notre forêt par ses rivières et ses chemins, avec leurs avions et leurs hélicoptères. Ils ont défriché des pistes d’atterrissage partout ! » Voilà le message que Davi Kopenawa a écrit à l’Onu. C’est le monde entier que ce chaman, porte-parole des Yanomami, appelle au secours aujourd’hui. A 64 ans, il a été le témoin des pires catastrophes de ces dernières décennies en Amazonie : épidémies, déforestation, pollution au mercure des chercheurs d’or… Mais jamais les siens n’ont été aussi menacés que depuis l’élection du président Bolsonaro au Brésil. Et avec eux, la plus vaste forêt tropicale de la planète, cruciale pour le climat, pourrait n’être bientôt qu’un souvenir.

Les Yanomami représentent le plus grand groupe autochtone au mode de vie traditionnel. Leur immense territoire est à cheval sur le Brésil et le Venezuela, très déstabilisé. « Si ce peuple disparaît, c’est la fin de l’Amazonie », avertit l’ethnologue français Bruce Albert, 68 ans, dont quarante-cinq sur le terrain avec cette ethnie. Il craint d’assister « au dernier épisode de la conquête de l’Amérique, entamée il y a cinq siècles ». Et c’est d’ailleurs en ces termes que Jair Bolsonaro exprime ses fantasmes. En 1998, il déclarait déjà : « Quel dommage que la cavalerie brésilienne ne se soit pas montrée aussi efficace que les Américains ! Eux, ils ont exterminé les Indiens. » Une posture de conquistador qu’il n’a jamais reniée. Au contraire.

Outre des propos incendiaires, il multiplie les mesures aux conséquences tragiques et souvent irréversibles. « L’objectif de Bolsonaro, c’est d’abattre l’Amazonie », constate amèrement Sebastião Salgado, qui travaille avec les Amérindiens depuis 1983 et prépare une grande exposition sur eux, « Amazonia ». Le photographe franco-brésilien de 76 ans s’alarme du démantèlement d’institutions cruciales. Et du récent projet de loi qui vise à autoriser l’exploitation minière et agricole des territoires indigènes. Une folie, estime Salgado, qui rappelle que le Brésil, déjà champion dans ces domaines, n’en a nul besoin.

Dernière mesure ahurissante : la nomination d’un fondamentaliste évangélique à la tête du département de protection des tribus non contactées

En 2019, la déforestation de l’Amazonie brésilienne a bondi de 85 %. Galvanisés par les outrances présidentielles, les prédateurs n’attendent même pas que les lois soient votées. L’été dernier, des fermiers ont allumé des dizaines de milliers de feux pour étendre leurs terres. Sur le territoire yanomami, les chercheurs d’or, eux, sont déjà 25 000, presque autant que les Indiens. Et d’autant plus avides que le cours du métal jaune est à la hausse. « En 2020, la vie d’un peuple se retrouve indexée à la Bourse des métaux précieux de Londres ! s’exclame Bruce Albert. L’Amazonie est devenue un Far West catastrophique, où les orpailleurs tirent même sur les militaires. Un phénomène inédit, qui montre leur sentiment d’impunité. Pendant la dictature, les dirigeants avaient encore un souci légaliste. Le président actuel ne respecte rien, pas même la loi de son pays. »

Dernière mesure ahurissante : la nomination d’un fondamentaliste évangélique à la tête du département de protection des tribus non contactées, particulièrement vulnérables aux maladies venues de l’extérieur. L’ex-missionnaire a évangélisé dix ans sous la bannière de New Tribes Mission (NTM), aujourd’hui Ethnos 360. Cette organisation s’escrime à convertir tous les peuples premiers qui, à ses yeux, « vivent dans les ténèbres ». Et, pour son patron, « aucune obscurité n’est trop sombre pour Dieu ». Des fanatiques redoutables aux yeux de Bruce Albert : « Ils veulent briser la culture des Indiens pour leur fourguer leur lecture intégriste de la Bible. » L’ethnologue, ayant observé de près les ravages causés par ces missionnaires, s’est battu pour les faire expulser de la réserve yanomami. Un combat mené avec le chaman Davi Kopenawa, qui leur doit la destruction de sa communauté d’origine. Les deux hommes ont raconté ce cataclysme dans un livre aussi passionnant que bouleversant, « La chute du ciel » (éd. Pocket, Terre humaine poche).

« Ils sont complètement sauvages. Ils ne portent aucun vêtement et sont profondément retranchés dans la sorcellerie et l’adoration du démon », écrit, au début des années 1960, un missionnaire de NTM posté chez les Yanomami. Le petit Davi vit à l’époque dans cette communauté. Elle vient d’être en partie décimée par une épidémie, après le passage de fonctionnaires brésiliens. Beaucoup d’anciens sont morts. Les survivants sont déstabilisés par la catastrophe. Alors ils écoutent ces étranges étrangers qui n’ont que le mot « Teosi » (Dieu) à la bouche : « Ne chiquez pas les feuilles de tabac, c’est un péché ! Ne riez pas et ne copulez pas avec les femmes des autres, c’est sale ! Cessez de faire danser vos esprits de la forêt, ce sont des démons ! Acceptez les paroles de Teosi, sinon vous brûlerez dans un grand brasier après votre mort. »

Quand on leur parle de l’arrivée d’une machine volante, certains se demandent s’ils vont accueillir Teosi en personne ! Mais c’est la mort qui leur viendra du ciel

Terrorisés, beaucoup de chamans arrêtent leurs pratiques, dont celles qui soignent et réconfortent depuis la nuit des temps. « Ils se demandaient seulement qui pouvait être Teosi pour vouloir les maltraiter ainsi », dit Davi. Car, jusqu’alors, c’est un démiurge bienveillant, Omama, que vénéraient les Yanomami : « Il a créé la terre et la forêt, le vent qui agite ses feuilles et les rivières dont nous buvons les eaux. C’est lui qui nous a donné la vie. Omama a dit à nos anciens chamans : “Vous vivez dans cette forêt que j’ai créée. Mangez les fruits de ses arbres et chassez son gibier. Ouvrez vos jardins pour planter des bananiers, de la canne à sucre et du manioc. Donnez de grandes fêtes. Invitez-vous d’une maison à l’autre, chantez et offrez-vous des nourritures en abondance !” » Les missionnaires assortissent leurs prêches d’une profusion de cadeaux : tongs, hamacs, machettes… Eberluée, la communauté se convertit. Y compris le petit Davi.

Les étrangers se construisent des maisons, s’installent et demandent aux Indiens de leur défricher une piste d’atterrissage. Quand on leur parle de l’arrivée d’une machine volante, certains se demandent s’ils vont accueillir Teosi en personne ! Mais c’est la mort qui leur viendra du ciel. Sous forme de rougeole, très contagieuse et contre laquelle ils n’ont aucune immunité. Le virus a voyagé avec la fille d’un missionnaire, qui déclare la maladie peu après son arrivée. Les « gens de Teosi » font ce qu’ils peuvent pour soigner leurs ouailles. Mais ils refusent tout médicament aux chamans non convertis et à ceux qu’ils soupçonnent de faire appel à eux : « Puisque vous servez Satan, débrouillez-vous avec lui ! »

Sebastião Salgado ne compte plus ces trouées de liquide boueux et toxique qui ponctuent le vert de la canopée

Davi est contaminé : « Cette épidémie avait grand faim de chair humaine et me fit presque périr à mon tour. J’étais devenu spectre et la fièvre me brûlait de toutes parts. J’ai fini par perdre conscience et j’ai commencé à voir en rêve la poitrine du ciel s’affaisser sur la terre. » Une image de fin du monde pour les Yanomami. Davi finit par s’extirper des miasmes de la rougeole mais, autour de lui, c’est l’hécatombe. Le petit garçon, déjà orphelin de père, découvre que sa mère a succombé. Et que les missionnaires ont enterré son corps, comme ceux des autres victimes, dans un lieu dont ils refusent de divulguer l’emplacement. « Une mesure d’une violence psychologique inouïe ! s’exclame Bruce Albert. Chez les Yanomami, il est très important d’exposer le cadavre en forêt puis de récupérer les os pour les brûler, ainsi que toutes les possessions personnelles du défunt. Il faut fermer la frontière entre morts et vivants. Sinon, l’âme s’attarde et crée une mélancolie si pernicieuse pour ses proches qu’elle peut les tuer. Pour Davi, qui avait accordé sa confiance aux missionnaires, ce terrorisme idéologique a été un tournant. »

A l’âge adulte, il deviendra chaman et prendra le nom des esprits guêpes qui l’ont élu : Kopenawa. Il reverra la rougeole ravager les siens, comme d’autres maladies amenées par ceux qu’il appelle « le peuple de la marchandise ». Encore et encore : lors de la construction d’un tronçon de route transamazonienne dans les années 1970, lors d’une ruée vers l’or qui tue 20 % des Yanomami brésiliens dans les années 1980… Les épidémies se doublent de famines, car il ne reste plus assez de personnes vaillantes pour chasser et cultiver les potagers. Sans oublier l’empoisonnement insidieux dû au mercure : utilisé par les orpailleurs, il pollue les eaux que boivent les Indiens et où ils pêchent.

Aujourd’hui, la ruée vers l’or reprend de plus belle. En survolant la forêt, Sebastião Salgado ne compte plus ces trouées de liquide boueux et toxique qui ponctuent le vert de la canopée : « Chaque fois, j’ai l’impression de prendre un coup de couteau. Les orpailleurs déchirent la peau du monde ! » Pour Davi Kopenawa, ceux qui ne comprennent pas la folie d’une telle destruction ont perdu la tête : « Ils ne savent pas penser. Ils ne savent pas travailler dans la forêt, ne connaissent pas son pouvoir de fertilité. Ils ne font qu’y errer d’un endroit à un autre en la détruisant. Nous, nous y sommes dans notre maison. Et nous en prenons soin pour vous, pas seulement pour les Yanomami. »


Source : Karen Isère / Paris Match
Crédit : Sebastião Salgado

A cause des épidémies qui ont peu à peu décimé les plus âgés, 60% des Yanomami ont moins de 15 ans.

Amazonie : la dernière bataille des Yanomami Actualités

Amazonie : la dernière bataille des Yanomami

« Les chercheurs d’or se sont engouffrés dans notre forêt par ses rivières et ses chemins, avec leurs avions et leurs hélicoptères. Ils ont défriché des pistes d’atterrissage partout ! » Voilà le message que Davi Kopenawa a écrit à l’Onu. C’est le monde entier que ce chaman, porte-parole des Yanomami, appelle au secours aujourd’hui. A 64 ans, il a été le témoin des pires catastrophes de ces dernières décennies en Amazonie : épidémies, déforestation, pollution au mercure des chercheurs d’or… Mais jamais les siens n’ont été aussi menacés que depuis l’élection du président Bolsonaro au Brésil. Et avec eux, la plus vaste forêt tropicale de la planète, cruciale pour le climat, pourrait n’être bientôt qu’un souvenir.

Les Yanomami représentent le plus grand groupe autochtone au mode de vie traditionnel. Leur immense territoire est à cheval sur le Brésil et le Venezuela, très déstabilisé. « Si ce peuple disparaît, c’est la fin de l’Amazonie », avertit l’ethnologue français Bruce Albert, 68 ans, dont quarante-cinq sur le terrain avec cette ethnie. Il craint d’assister « au dernier épisode de la conquête de l’Amérique, entamée il y a cinq siècles ». Et c’est d’ailleurs en ces termes que Jair Bolsonaro exprime ses fantasmes. En 1998, il déclarait déjà : « Quel dommage que la cavalerie brésilienne ne se soit pas montrée aussi efficace que les Américains ! Eux, ils ont exterminé les Indiens. » Une posture de conquistador qu’il n’a jamais reniée. Au contraire.

Outre des propos incendiaires, il multiplie les mesures aux conséquences tragiques et souvent irréversibles. « L’objectif de Bolsonaro, c’est d’abattre l’Amazonie », constate amèrement Sebastião Salgado, qui travaille avec les Amérindiens depuis 1983 et prépare une grande exposition sur eux, « Amazonia ». Le photographe franco-brésilien de 76 ans s’alarme du démantèlement d’institutions cruciales. Et du récent projet de loi qui vise à autoriser l’exploitation minière et agricole des territoires indigènes. Une folie, estime Salgado, qui rappelle que le Brésil, déjà champion dans ces domaines, n’en a nul besoin.

Dernière mesure ahurissante : la nomination d’un fondamentaliste évangélique à la tête du département de protection des tribus non contactées

En 2019, la déforestation de l’Amazonie brésilienne a bondi de 85 %. Galvanisés par les outrances présidentielles, les prédateurs n’attendent même pas que les lois soient votées. L’été dernier, des fermiers ont allumé des dizaines de milliers de feux pour étendre leurs terres. Sur le territoire yanomami, les chercheurs d’or, eux, sont déjà 25 000, presque autant que les Indiens. Et d’autant plus avides que le cours du métal jaune est à la hausse. « En 2020, la vie d’un peuple se retrouve indexée à la Bourse des métaux précieux de Londres ! s’exclame Bruce Albert. L’Amazonie est devenue un Far West catastrophique, où les orpailleurs tirent même sur les militaires. Un phénomène inédit, qui montre leur sentiment d’impunité. Pendant la dictature, les dirigeants avaient encore un souci légaliste. Le président actuel ne respecte rien, pas même la loi de son pays. »

Dernière mesure ahurissante : la nomination d’un fondamentaliste évangélique à la tête du département de protection des tribus non contactées, particulièrement vulnérables aux maladies venues de l’extérieur. L’ex-missionnaire a évangélisé dix ans sous la bannière de New Tribes Mission (NTM), aujourd’hui Ethnos 360. Cette organisation s’escrime à convertir tous les peuples premiers qui, à ses yeux, « vivent dans les ténèbres ». Et, pour son patron, « aucune obscurité n’est trop sombre pour Dieu ». Des fanatiques redoutables aux yeux de Bruce Albert : « Ils veulent briser la culture des Indiens pour leur fourguer leur lecture intégriste de la Bible. » L’ethnologue, ayant observé de près les ravages causés par ces missionnaires, s’est battu pour les faire expulser de la réserve yanomami. Un combat mené avec le chaman Davi Kopenawa, qui leur doit la destruction de sa communauté d’origine. Les deux hommes ont raconté ce cataclysme dans un livre aussi passionnant que bouleversant, « La chute du ciel » (éd. Pocket, Terre humaine poche).

« Ils sont complètement sauvages. Ils ne portent aucun vêtement et sont profondément retranchés dans la sorcellerie et l’adoration du démon », écrit, au début des années 1960, un missionnaire de NTM posté chez les Yanomami. Le petit Davi vit à l’époque dans cette communauté. Elle vient d’être en partie décimée par une épidémie, après le passage de fonctionnaires brésiliens. Beaucoup d’anciens sont morts. Les survivants sont déstabilisés par la catastrophe. Alors ils écoutent ces étranges étrangers qui n’ont que le mot « Teosi » (Dieu) à la bouche : « Ne chiquez pas les feuilles de tabac, c’est un péché ! Ne riez pas et ne copulez pas avec les femmes des autres, c’est sale ! Cessez de faire danser vos esprits de la forêt, ce sont des démons ! Acceptez les paroles de Teosi, sinon vous brûlerez dans un grand brasier après votre mort. »

Quand on leur parle de l’arrivée d’une machine volante, certains se demandent s’ils vont accueillir Teosi en personne ! Mais c’est la mort qui leur viendra du ciel

Terrorisés, beaucoup de chamans arrêtent leurs pratiques, dont celles qui soignent et réconfortent depuis la nuit des temps. « Ils se demandaient seulement qui pouvait être Teosi pour vouloir les maltraiter ainsi », dit Davi. Car, jusqu’alors, c’est un démiurge bienveillant, Omama, que vénéraient les Yanomami : « Il a créé la terre et la forêt, le vent qui agite ses feuilles et les rivières dont nous buvons les eaux. C’est lui qui nous a donné la vie. Omama a dit à nos anciens chamans : “Vous vivez dans cette forêt que j’ai créée. Mangez les fruits de ses arbres et chassez son gibier. Ouvrez vos jardins pour planter des bananiers, de la canne à sucre et du manioc. Donnez de grandes fêtes. Invitez-vous d’une maison à l’autre, chantez et offrez-vous des nourritures en abondance !” » Les missionnaires assortissent leurs prêches d’une profusion de cadeaux : tongs, hamacs, machettes… Eberluée, la communauté se convertit. Y compris le petit Davi.

Les étrangers se construisent des maisons, s’installent et demandent aux Indiens de leur défricher une piste d’atterrissage. Quand on leur parle de l’arrivée d’une machine volante, certains se demandent s’ils vont accueillir Teosi en personne ! Mais c’est la mort qui leur viendra du ciel. Sous forme de rougeole, très contagieuse et contre laquelle ils n’ont aucune immunité. Le virus a voyagé avec la fille d’un missionnaire, qui déclare la maladie peu après son arrivée. Les « gens de Teosi » font ce qu’ils peuvent pour soigner leurs ouailles. Mais ils refusent tout médicament aux chamans non convertis et à ceux qu’ils soupçonnent de faire appel à eux : « Puisque vous servez Satan, débrouillez-vous avec lui ! »

Sebastião Salgado ne compte plus ces trouées de liquide boueux et toxique qui ponctuent le vert de la canopée

Davi est contaminé : « Cette épidémie avait grand faim de chair humaine et me fit presque périr à mon tour. J’étais devenu spectre et la fièvre me brûlait de toutes parts. J’ai fini par perdre conscience et j’ai commencé à voir en rêve la poitrine du ciel s’affaisser sur la terre. » Une image de fin du monde pour les Yanomami. Davi finit par s’extirper des miasmes de la rougeole mais, autour de lui, c’est l’hécatombe. Le petit garçon, déjà orphelin de père, découvre que sa mère a succombé. Et que les missionnaires ont enterré son corps, comme ceux des autres victimes, dans un lieu dont ils refusent de divulguer l’emplacement. « Une mesure d’une violence psychologique inouïe ! s’exclame Bruce Albert. Chez les Yanomami, il est très important d’exposer le cadavre en forêt puis de récupérer les os pour les brûler, ainsi que toutes les possessions personnelles du défunt. Il faut fermer la frontière entre morts et vivants. Sinon, l’âme s’attarde et crée une mélancolie si pernicieuse pour ses proches qu’elle peut les tuer. Pour Davi, qui avait accordé sa confiance aux missionnaires, ce terrorisme idéologique a été un tournant. »

A l’âge adulte, il deviendra chaman et prendra le nom des esprits guêpes qui l’ont élu : Kopenawa. Il reverra la rougeole ravager les siens, comme d’autres maladies amenées par ceux qu’il appelle « le peuple de la marchandise ». Encore et encore : lors de la construction d’un tronçon de route transamazonienne dans les années 1970, lors d’une ruée vers l’or qui tue 20 % des Yanomami brésiliens dans les années 1980… Les épidémies se doublent de famines, car il ne reste plus assez de personnes vaillantes pour chasser et cultiver les potagers. Sans oublier l’empoisonnement insidieux dû au mercure : utilisé par les orpailleurs, il pollue les eaux que boivent les Indiens et où ils pêchent.

Aujourd’hui, la ruée vers l’or reprend de plus belle. En survolant la forêt, Sebastião Salgado ne compte plus ces trouées de liquide boueux et toxique qui ponctuent le vert de la canopée : « Chaque fois, j’ai l’impression de prendre un coup de couteau. Les orpailleurs déchirent la peau du monde ! » Pour Davi Kopenawa, ceux qui ne comprennent pas la folie d’une telle destruction ont perdu la tête : « Ils ne savent pas penser. Ils ne savent pas travailler dans la forêt, ne connaissent pas son pouvoir de fertilité. Ils ne font qu’y errer d’un endroit à un autre en la détruisant. Nous, nous y sommes dans notre maison. Et nous en prenons soin pour vous, pas seulement pour les Yanomami. »


Source : Karen Isère / Paris Match
Crédit : Sebastião Salgado

A cause des épidémies qui ont peu à peu décimé les plus âgés, 60% des Yanomami ont moins de 15 ans.

LE GUIDE Naturellement

Agenda . . .


04 - Alpes de Haute-Provence

Jusqu'en avril 2023

EXPOSITION
"HABITER, HABITATS, HABITANTS"

Quels impacts les mutations urbaines du XXe siècle ont-elles eu sur les formes d’habiter dans un territoire marqué par la ruralité ? Etalement urbain, lotissements, éco-construction, chantiers et habitats participatifs… autant de thèmes qui sont abordés dans cette exposition qui donne la parole aux habitants.

Musée de Salagon
04300 Mane
04 92 75 70 50
www.musee-de-salagon.com


25 - Doubs

► Le 4 mars

"LA NUIT DE LA CHOUETTE"

Cette année encore, la LPO et la Saline royale organisent la Nuit de la chouette. Ateliers de découverte, observation sur le terrain et  pot de l’amitié à partager en famille ou entre amis.
De 18h à 21h30, sans réservation. Entrée gratuite.

Saline royale
Grande Rue
25610 Arc et Senans
03 81 54 45 13
www.salineroyale.com


► Du 5 mai au 5 novembre

EXPOSITION
"LE MONDE DE FOLON"

Hommage à Jean-Michel Folon (1934/2005), artiste belge à la création hybride et poétique représentant les grands maux de la société contemporaine. L’exposition à la Saline royale présentera plus de 200 œuvres issues de la Fondation Folon (affiches, dessins, sculptures…).

Saline royale
Grande Rue
25610 Arc et Senans
03 81 54 45 13
www.salineroyale.com


29 - Finistère

Jusqu'au 5 mars 2023

EXPOSITION
"VOYAGE EN TERRES AUSTRALES - CROZET & KERGUELEN 1772-2022"

Aujourd’hui, les archipels de Crozet et Kerguelen sont protégés par une réserve naturelle et élevés au rang de patrimoine mondial de l’UNESCO. Cet anniversaire est l’opportunité de raconter l’histoire de ces terres australes françaises à travers une exposition rassemblant objets et documents inédits.

Musée national de la Marine
Château de Brest
Rue du château 
29200 Brest
02 98 22 12 39
www.musee-marine.fr/brest


Les 6, 7 & 8 mai 2023

"LES JOURNÉES ROMAINES DE NÎMES, VERCINGÉTORIX

Grand spectacle historique. Plongez dans l’Histoire ! Dans les Arènes de Nîmes, 520 figurants venus de toute l’Europe vous font revivre l’histoire de Vercingétorix.
De Gergovie à Alesia, au plus près de la réalité historique, revivez les plus grandes batailles de la Guerre des Gaules qui opposa le légendaire chef gaulois au grand Jules César. Spectacles à 15h30.

Boulevard des Arènes
30000 Nîmes
04 66 21 82 56
www.arenes-nimes.com


34 - Hérault

Jusqu'au 19 mars 2023

EXPOSITION
"PAYSAGES DE COROT À SIMA"

Découvrez près de deux siècles d’art, deux siècles de perception de la nature, et deux siècles de vues à couper le souffle.
Des côtes de Normandie aux forêts du sud de la France, des terres alsaciennes aux pins des landes, découvrez notre pays à travers le regard des plus grands artistes des siècles derniers.

Musée de Lodève
Square George Auric
34700 Lodève
04 67 88 86 10
www.museedelodeve.fr


35 - Ille et Vilaine

► Jusqu'au 3 septembre 2023

EXPOSITION
"RACES BRETONNES : UNE HISTOIRE BIEN VIVANTE"

Vache Bretonne pie noir, mouton d'Ouessant et autres poule Coucou de Rennes s'invitent dans la salle d'exposition de l'Écomusée de la Bintinais !
Des œuvres d'art, des collections techniques et ethnographiques ainsi qu'une riche iconographie accompagnent cette plongée à la découverte des races bretonnes, emblèmes d'une histoire et d'un patrimoine bien vivants !

Écomusée de la Bintinais
Route de Châtillon-Sur-Seiche
35200 Rennes
02 99 51 38 15
www.ecomusee-rennes-metropole.fr


39 - Jura

► Du 4 février au 4 mars 

EXPOSITION
"ARTISANS, PASSEURS DE SAVOIR-FAIRE"

L'exposition vous emmène à la découverte des techniques, des défis et du parcours de 18 artisans formateurs, membres du réseau de l’Atelier des savoir-faire. 
Ainsi, les métiers de muretier, peintre sur soie, tailleur de pierre, sculpteur sur bois, céramiste... seront présenté à travers le regard de chaque artisan.
L’Atelier des savoir-faire propose pour chaque maîtrise exposée, des stages de formation tout au long de l’année.

L’Atelier des savoir-faire
1 Grand’Rue
39170 Ravilloles
03 84 42 65 06
www.atelierdessavoirfaire.fr


Jusqu'au 5 novembre 2023

EXPOSITION
"L'OURS DANS LA BIODIVERSITÉ POLAIRE"

Embarquez dans un voyage naturaliste au milieu des glaces, sur la piste de l’ours. A travers cette exposition, c’est la biodiversité polaire qui est mise à l’honneur.

Espace des Mondes Polaires
46 rue Croix de la Teppe 
39220 Prémanon
03 39 50 80 20
www.espacedesmondespolaires.org


► Du 4 février au 25 mars 2023

EXPOSITION
"BRUITS DE GLACE"

L'exposition "Bruits de glace" est un assemblage d'impressions, de textes et de dessins qui vous fera voyager dans les fjords de Groenland Est, lieux sillonnés en voiliers par Sarah Bovet en 2019.

Espace des Mondes Polaires
46 rue Croix de la Teppe 
39220 Prémanon
03 39 50 80 20
www.espacedesmondespolaires.org


73 - Savoie

Du 6 au 17 février 

ATELIERS
"L'EAU ET LES ANIMAUX LACUSTRES"

Pour ces vacances d'hiver Aqualis propose, à travers des ateliers où l'expérience scientifique parlera avec la création artistique, un programme autour de 2 grands thèmes : l'eau et la biodiversité.

Aqualis
52 esplanade Jean Murguet
73100 Aix-les-Bains
04 79 70 64 69
aqualis-lacdubourget.fr


62 - Pas-de-Calais

► Du 4 au 19 février

EXPOSITION 
"HÉRITAGE DES TEMPLIERS"

Le musée Bruno-Danvin de Saint Pol sur Ternoise offre son espace d’exposition à Daciana Pszota. L’artiste participe à diverses expositions collectives en Italie et en Roumanie.
Inspirée par l'histoire et la spiritualité, ses émotions personnelles s'expriment aussi dans ses œuvres.

Musée municipal Bruno Danvin
Rue Oscar Ricque
62130 Saint-Pol-sur-Ternoise
03 21 04 56 25 / 07 89 08 15 64 
www.saintpolsurternoise.fr


74 - Haute-Savoie

► A partir du 4 février

ACRO'AVENTURES REIGNIER
UN SITE MULTI-ACTIVITÉS ACCESSIBLE À TOUS

Le parcours de Reignier ouvrira du 4 au 19 février tous les jours, puis restera ouvert les mercredis et week-end jusqu'au samedi 1er avril (début de la grande saison).

Acro'Aventures Reignier
Route des Rocailles
74930 Reignier
06 43 16 27 59
www.reignier.acro-aventures.com


75 - Paris

Jusqu'au 25 février 2023

EXPOSITION
"CLEMENCEAU ET LES PHOTOGRAPHES DE L’INTIME"

Le parcours de l’exposition-focus suit les premiers pas de Clemenceau devant l’objectif de son père et, plus tard, en politique, sous l’œil de son ami Félix Nadar rencontré durant la Commune.
L’exposition- se clôture par des photographies de famille immortalisant les moments de bonheur et de complicité avec ses enfants et petits-enfants.

Musée Clemenceau
8 rue Benjamin Franklin,
75116 Paris
01 45 20 53 41
https://musee-clemenceau.fr


77 - Seine et Marne

Du 4 février au 5 mars

PARROT WORLD
"CARNAVAL DE RIO"

Finis les congés d'hiver pour le parc! Une nouvelle saison débute à Parrot World le samedi 4 février 2023 sur le thème du Carnaval de Rio avec plein d' animations. Au programme : ateliers maquillage, masques, coloriages, parade musicale...

Parrot World
Route de Guérard
77580 Crécy-la-Chapelle
01 86 70 06 84
www.parrotworld.fr

Lieux:

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