Bienvenue dans un nouveau monde... le notre

Amazonie : la dernière bataille des Yanomami
Actualités

Amazonie : la dernière bataille des Yanomami

« Les chercheurs d’or se sont engouffrés dans notre forêt par ses rivières et ses chemins, avec leurs avions et leurs hélicoptères. Ils ont défriché des pistes d’atterrissage partout ! » Voilà le message que Davi Kopenawa a écrit à l’Onu. C’est le monde entier que ce chaman, porte-parole des Yanomami, appelle au secours aujourd’hui. A 64 ans, il a été le témoin des pires catastrophes de ces dernières décennies en Amazonie : épidémies, déforestation, pollution au mercure des chercheurs d’or… Mais jamais les siens n’ont été aussi menacés que depuis l’élection du président Bolsonaro au Brésil. Et avec eux, la plus vaste forêt tropicale de la planète, cruciale pour le climat, pourrait n’être bientôt qu’un souvenir.

Les Yanomami représentent le plus grand groupe autochtone au mode de vie traditionnel. Leur immense territoire est à cheval sur le Brésil et le Venezuela, très déstabilisé. « Si ce peuple disparaît, c’est la fin de l’Amazonie », avertit l’ethnologue français Bruce Albert, 68 ans, dont quarante-cinq sur le terrain avec cette ethnie. Il craint d’assister « au dernier épisode de la conquête de l’Amérique, entamée il y a cinq siècles ». Et c’est d’ailleurs en ces termes que Jair Bolsonaro exprime ses fantasmes. En 1998, il déclarait déjà : « Quel dommage que la cavalerie brésilienne ne se soit pas montrée aussi efficace que les Américains ! Eux, ils ont exterminé les Indiens. » Une posture de conquistador qu’il n’a jamais reniée. Au contraire.

Outre des propos incendiaires, il multiplie les mesures aux conséquences tragiques et souvent irréversibles. « L’objectif de Bolsonaro, c’est d’abattre l’Amazonie », constate amèrement Sebastião Salgado, qui travaille avec les Amérindiens depuis 1983 et prépare une grande exposition sur eux, « Amazonia ». Le photographe franco-brésilien de 76 ans s’alarme du démantèlement d’institutions cruciales. Et du récent projet de loi qui vise à autoriser l’exploitation minière et agricole des territoires indigènes. Une folie, estime Salgado, qui rappelle que le Brésil, déjà champion dans ces domaines, n’en a nul besoin.

Dernière mesure ahurissante : la nomination d’un fondamentaliste évangélique à la tête du département de protection des tribus non contactées

En 2019, la déforestation de l’Amazonie brésilienne a bondi de 85 %. Galvanisés par les outrances présidentielles, les prédateurs n’attendent même pas que les lois soient votées. L’été dernier, des fermiers ont allumé des dizaines de milliers de feux pour étendre leurs terres. Sur le territoire yanomami, les chercheurs d’or, eux, sont déjà 25 000, presque autant que les Indiens. Et d’autant plus avides que le cours du métal jaune est à la hausse. « En 2020, la vie d’un peuple se retrouve indexée à la Bourse des métaux précieux de Londres ! s’exclame Bruce Albert. L’Amazonie est devenue un Far West catastrophique, où les orpailleurs tirent même sur les militaires. Un phénomène inédit, qui montre leur sentiment d’impunité. Pendant la dictature, les dirigeants avaient encore un souci légaliste. Le président actuel ne respecte rien, pas même la loi de son pays. »

Dernière mesure ahurissante : la nomination d’un fondamentaliste évangélique à la tête du département de protection des tribus non contactées, particulièrement vulnérables aux maladies venues de l’extérieur. L’ex-missionnaire a évangélisé dix ans sous la bannière de New Tribes Mission (NTM), aujourd’hui Ethnos 360. Cette organisation s’escrime à convertir tous les peuples premiers qui, à ses yeux, « vivent dans les ténèbres ». Et, pour son patron, « aucune obscurité n’est trop sombre pour Dieu ». Des fanatiques redoutables aux yeux de Bruce Albert : « Ils veulent briser la culture des Indiens pour leur fourguer leur lecture intégriste de la Bible. » L’ethnologue, ayant observé de près les ravages causés par ces missionnaires, s’est battu pour les faire expulser de la réserve yanomami. Un combat mené avec le chaman Davi Kopenawa, qui leur doit la destruction de sa communauté d’origine. Les deux hommes ont raconté ce cataclysme dans un livre aussi passionnant que bouleversant, « La chute du ciel » (éd. Pocket, Terre humaine poche).

« Ils sont complètement sauvages. Ils ne portent aucun vêtement et sont profondément retranchés dans la sorcellerie et l’adoration du démon », écrit, au début des années 1960, un missionnaire de NTM posté chez les Yanomami. Le petit Davi vit à l’époque dans cette communauté. Elle vient d’être en partie décimée par une épidémie, après le passage de fonctionnaires brésiliens. Beaucoup d’anciens sont morts. Les survivants sont déstabilisés par la catastrophe. Alors ils écoutent ces étranges étrangers qui n’ont que le mot « Teosi » (Dieu) à la bouche : « Ne chiquez pas les feuilles de tabac, c’est un péché ! Ne riez pas et ne copulez pas avec les femmes des autres, c’est sale ! Cessez de faire danser vos esprits de la forêt, ce sont des démons ! Acceptez les paroles de Teosi, sinon vous brûlerez dans un grand brasier après votre mort. »

Quand on leur parle de l’arrivée d’une machine volante, certains se demandent s’ils vont accueillir Teosi en personne ! Mais c’est la mort qui leur viendra du ciel

Terrorisés, beaucoup de chamans arrêtent leurs pratiques, dont celles qui soignent et réconfortent depuis la nuit des temps. « Ils se demandaient seulement qui pouvait être Teosi pour vouloir les maltraiter ainsi », dit Davi. Car, jusqu’alors, c’est un démiurge bienveillant, Omama, que vénéraient les Yanomami : « Il a créé la terre et la forêt, le vent qui agite ses feuilles et les rivières dont nous buvons les eaux. C’est lui qui nous a donné la vie. Omama a dit à nos anciens chamans : “Vous vivez dans cette forêt que j’ai créée. Mangez les fruits de ses arbres et chassez son gibier. Ouvrez vos jardins pour planter des bananiers, de la canne à sucre et du manioc. Donnez de grandes fêtes. Invitez-vous d’une maison à l’autre, chantez et offrez-vous des nourritures en abondance !” » Les missionnaires assortissent leurs prêches d’une profusion de cadeaux : tongs, hamacs, machettes… Eberluée, la communauté se convertit. Y compris le petit Davi.

Les étrangers se construisent des maisons, s’installent et demandent aux Indiens de leur défricher une piste d’atterrissage. Quand on leur parle de l’arrivée d’une machine volante, certains se demandent s’ils vont accueillir Teosi en personne ! Mais c’est la mort qui leur viendra du ciel. Sous forme de rougeole, très contagieuse et contre laquelle ils n’ont aucune immunité. Le virus a voyagé avec la fille d’un missionnaire, qui déclare la maladie peu après son arrivée. Les « gens de Teosi » font ce qu’ils peuvent pour soigner leurs ouailles. Mais ils refusent tout médicament aux chamans non convertis et à ceux qu’ils soupçonnent de faire appel à eux : « Puisque vous servez Satan, débrouillez-vous avec lui ! »

Sebastião Salgado ne compte plus ces trouées de liquide boueux et toxique qui ponctuent le vert de la canopée

Davi est contaminé : « Cette épidémie avait grand faim de chair humaine et me fit presque périr à mon tour. J’étais devenu spectre et la fièvre me brûlait de toutes parts. J’ai fini par perdre conscience et j’ai commencé à voir en rêve la poitrine du ciel s’affaisser sur la terre. » Une image de fin du monde pour les Yanomami. Davi finit par s’extirper des miasmes de la rougeole mais, autour de lui, c’est l’hécatombe. Le petit garçon, déjà orphelin de père, découvre que sa mère a succombé. Et que les missionnaires ont enterré son corps, comme ceux des autres victimes, dans un lieu dont ils refusent de divulguer l’emplacement. « Une mesure d’une violence psychologique inouïe ! s’exclame Bruce Albert. Chez les Yanomami, il est très important d’exposer le cadavre en forêt puis de récupérer les os pour les brûler, ainsi que toutes les possessions personnelles du défunt. Il faut fermer la frontière entre morts et vivants. Sinon, l’âme s’attarde et crée une mélancolie si pernicieuse pour ses proches qu’elle peut les tuer. Pour Davi, qui avait accordé sa confiance aux missionnaires, ce terrorisme idéologique a été un tournant. »

A l’âge adulte, il deviendra chaman et prendra le nom des esprits guêpes qui l’ont élu : Kopenawa. Il reverra la rougeole ravager les siens, comme d’autres maladies amenées par ceux qu’il appelle « le peuple de la marchandise ». Encore et encore : lors de la construction d’un tronçon de route transamazonienne dans les années 1970, lors d’une ruée vers l’or qui tue 20 % des Yanomami brésiliens dans les années 1980… Les épidémies se doublent de famines, car il ne reste plus assez de personnes vaillantes pour chasser et cultiver les potagers. Sans oublier l’empoisonnement insidieux dû au mercure : utilisé par les orpailleurs, il pollue les eaux que boivent les Indiens et où ils pêchent.

Aujourd’hui, la ruée vers l’or reprend de plus belle. En survolant la forêt, Sebastião Salgado ne compte plus ces trouées de liquide boueux et toxique qui ponctuent le vert de la canopée : « Chaque fois, j’ai l’impression de prendre un coup de couteau. Les orpailleurs déchirent la peau du monde ! » Pour Davi Kopenawa, ceux qui ne comprennent pas la folie d’une telle destruction ont perdu la tête : « Ils ne savent pas penser. Ils ne savent pas travailler dans la forêt, ne connaissent pas son pouvoir de fertilité. Ils ne font qu’y errer d’un endroit à un autre en la détruisant. Nous, nous y sommes dans notre maison. Et nous en prenons soin pour vous, pas seulement pour les Yanomami. »


Source : Karen Isère / Paris Match
Crédit : Sebastião Salgado

A cause des épidémies qui ont peu à peu décimé les plus âgés, 60% des Yanomami ont moins de 15 ans.

Amazonie : la dernière bataille des Yanomami Actualités

Amazonie : la dernière bataille des Yanomami

« Les chercheurs d’or se sont engouffrés dans notre forêt par ses rivières et ses chemins, avec leurs avions et leurs hélicoptères. Ils ont défriché des pistes d’atterrissage partout ! » Voilà le message que Davi Kopenawa a écrit à l’Onu. C’est le monde entier que ce chaman, porte-parole des Yanomami, appelle au secours aujourd’hui. A 64 ans, il a été le témoin des pires catastrophes de ces dernières décennies en Amazonie : épidémies, déforestation, pollution au mercure des chercheurs d’or… Mais jamais les siens n’ont été aussi menacés que depuis l’élection du président Bolsonaro au Brésil. Et avec eux, la plus vaste forêt tropicale de la planète, cruciale pour le climat, pourrait n’être bientôt qu’un souvenir.

Les Yanomami représentent le plus grand groupe autochtone au mode de vie traditionnel. Leur immense territoire est à cheval sur le Brésil et le Venezuela, très déstabilisé. « Si ce peuple disparaît, c’est la fin de l’Amazonie », avertit l’ethnologue français Bruce Albert, 68 ans, dont quarante-cinq sur le terrain avec cette ethnie. Il craint d’assister « au dernier épisode de la conquête de l’Amérique, entamée il y a cinq siècles ». Et c’est d’ailleurs en ces termes que Jair Bolsonaro exprime ses fantasmes. En 1998, il déclarait déjà : « Quel dommage que la cavalerie brésilienne ne se soit pas montrée aussi efficace que les Américains ! Eux, ils ont exterminé les Indiens. » Une posture de conquistador qu’il n’a jamais reniée. Au contraire.

Outre des propos incendiaires, il multiplie les mesures aux conséquences tragiques et souvent irréversibles. « L’objectif de Bolsonaro, c’est d’abattre l’Amazonie », constate amèrement Sebastião Salgado, qui travaille avec les Amérindiens depuis 1983 et prépare une grande exposition sur eux, « Amazonia ». Le photographe franco-brésilien de 76 ans s’alarme du démantèlement d’institutions cruciales. Et du récent projet de loi qui vise à autoriser l’exploitation minière et agricole des territoires indigènes. Une folie, estime Salgado, qui rappelle que le Brésil, déjà champion dans ces domaines, n’en a nul besoin.

Dernière mesure ahurissante : la nomination d’un fondamentaliste évangélique à la tête du département de protection des tribus non contactées

En 2019, la déforestation de l’Amazonie brésilienne a bondi de 85 %. Galvanisés par les outrances présidentielles, les prédateurs n’attendent même pas que les lois soient votées. L’été dernier, des fermiers ont allumé des dizaines de milliers de feux pour étendre leurs terres. Sur le territoire yanomami, les chercheurs d’or, eux, sont déjà 25 000, presque autant que les Indiens. Et d’autant plus avides que le cours du métal jaune est à la hausse. « En 2020, la vie d’un peuple se retrouve indexée à la Bourse des métaux précieux de Londres ! s’exclame Bruce Albert. L’Amazonie est devenue un Far West catastrophique, où les orpailleurs tirent même sur les militaires. Un phénomène inédit, qui montre leur sentiment d’impunité. Pendant la dictature, les dirigeants avaient encore un souci légaliste. Le président actuel ne respecte rien, pas même la loi de son pays. »

Dernière mesure ahurissante : la nomination d’un fondamentaliste évangélique à la tête du département de protection des tribus non contactées, particulièrement vulnérables aux maladies venues de l’extérieur. L’ex-missionnaire a évangélisé dix ans sous la bannière de New Tribes Mission (NTM), aujourd’hui Ethnos 360. Cette organisation s’escrime à convertir tous les peuples premiers qui, à ses yeux, « vivent dans les ténèbres ». Et, pour son patron, « aucune obscurité n’est trop sombre pour Dieu ». Des fanatiques redoutables aux yeux de Bruce Albert : « Ils veulent briser la culture des Indiens pour leur fourguer leur lecture intégriste de la Bible. » L’ethnologue, ayant observé de près les ravages causés par ces missionnaires, s’est battu pour les faire expulser de la réserve yanomami. Un combat mené avec le chaman Davi Kopenawa, qui leur doit la destruction de sa communauté d’origine. Les deux hommes ont raconté ce cataclysme dans un livre aussi passionnant que bouleversant, « La chute du ciel » (éd. Pocket, Terre humaine poche).

« Ils sont complètement sauvages. Ils ne portent aucun vêtement et sont profondément retranchés dans la sorcellerie et l’adoration du démon », écrit, au début des années 1960, un missionnaire de NTM posté chez les Yanomami. Le petit Davi vit à l’époque dans cette communauté. Elle vient d’être en partie décimée par une épidémie, après le passage de fonctionnaires brésiliens. Beaucoup d’anciens sont morts. Les survivants sont déstabilisés par la catastrophe. Alors ils écoutent ces étranges étrangers qui n’ont que le mot « Teosi » (Dieu) à la bouche : « Ne chiquez pas les feuilles de tabac, c’est un péché ! Ne riez pas et ne copulez pas avec les femmes des autres, c’est sale ! Cessez de faire danser vos esprits de la forêt, ce sont des démons ! Acceptez les paroles de Teosi, sinon vous brûlerez dans un grand brasier après votre mort. »

Quand on leur parle de l’arrivée d’une machine volante, certains se demandent s’ils vont accueillir Teosi en personne ! Mais c’est la mort qui leur viendra du ciel

Terrorisés, beaucoup de chamans arrêtent leurs pratiques, dont celles qui soignent et réconfortent depuis la nuit des temps. « Ils se demandaient seulement qui pouvait être Teosi pour vouloir les maltraiter ainsi », dit Davi. Car, jusqu’alors, c’est un démiurge bienveillant, Omama, que vénéraient les Yanomami : « Il a créé la terre et la forêt, le vent qui agite ses feuilles et les rivières dont nous buvons les eaux. C’est lui qui nous a donné la vie. Omama a dit à nos anciens chamans : “Vous vivez dans cette forêt que j’ai créée. Mangez les fruits de ses arbres et chassez son gibier. Ouvrez vos jardins pour planter des bananiers, de la canne à sucre et du manioc. Donnez de grandes fêtes. Invitez-vous d’une maison à l’autre, chantez et offrez-vous des nourritures en abondance !” » Les missionnaires assortissent leurs prêches d’une profusion de cadeaux : tongs, hamacs, machettes… Eberluée, la communauté se convertit. Y compris le petit Davi.

Les étrangers se construisent des maisons, s’installent et demandent aux Indiens de leur défricher une piste d’atterrissage. Quand on leur parle de l’arrivée d’une machine volante, certains se demandent s’ils vont accueillir Teosi en personne ! Mais c’est la mort qui leur viendra du ciel. Sous forme de rougeole, très contagieuse et contre laquelle ils n’ont aucune immunité. Le virus a voyagé avec la fille d’un missionnaire, qui déclare la maladie peu après son arrivée. Les « gens de Teosi » font ce qu’ils peuvent pour soigner leurs ouailles. Mais ils refusent tout médicament aux chamans non convertis et à ceux qu’ils soupçonnent de faire appel à eux : « Puisque vous servez Satan, débrouillez-vous avec lui ! »

Sebastião Salgado ne compte plus ces trouées de liquide boueux et toxique qui ponctuent le vert de la canopée

Davi est contaminé : « Cette épidémie avait grand faim de chair humaine et me fit presque périr à mon tour. J’étais devenu spectre et la fièvre me brûlait de toutes parts. J’ai fini par perdre conscience et j’ai commencé à voir en rêve la poitrine du ciel s’affaisser sur la terre. » Une image de fin du monde pour les Yanomami. Davi finit par s’extirper des miasmes de la rougeole mais, autour de lui, c’est l’hécatombe. Le petit garçon, déjà orphelin de père, découvre que sa mère a succombé. Et que les missionnaires ont enterré son corps, comme ceux des autres victimes, dans un lieu dont ils refusent de divulguer l’emplacement. « Une mesure d’une violence psychologique inouïe ! s’exclame Bruce Albert. Chez les Yanomami, il est très important d’exposer le cadavre en forêt puis de récupérer les os pour les brûler, ainsi que toutes les possessions personnelles du défunt. Il faut fermer la frontière entre morts et vivants. Sinon, l’âme s’attarde et crée une mélancolie si pernicieuse pour ses proches qu’elle peut les tuer. Pour Davi, qui avait accordé sa confiance aux missionnaires, ce terrorisme idéologique a été un tournant. »

A l’âge adulte, il deviendra chaman et prendra le nom des esprits guêpes qui l’ont élu : Kopenawa. Il reverra la rougeole ravager les siens, comme d’autres maladies amenées par ceux qu’il appelle « le peuple de la marchandise ». Encore et encore : lors de la construction d’un tronçon de route transamazonienne dans les années 1970, lors d’une ruée vers l’or qui tue 20 % des Yanomami brésiliens dans les années 1980… Les épidémies se doublent de famines, car il ne reste plus assez de personnes vaillantes pour chasser et cultiver les potagers. Sans oublier l’empoisonnement insidieux dû au mercure : utilisé par les orpailleurs, il pollue les eaux que boivent les Indiens et où ils pêchent.

Aujourd’hui, la ruée vers l’or reprend de plus belle. En survolant la forêt, Sebastião Salgado ne compte plus ces trouées de liquide boueux et toxique qui ponctuent le vert de la canopée : « Chaque fois, j’ai l’impression de prendre un coup de couteau. Les orpailleurs déchirent la peau du monde ! » Pour Davi Kopenawa, ceux qui ne comprennent pas la folie d’une telle destruction ont perdu la tête : « Ils ne savent pas penser. Ils ne savent pas travailler dans la forêt, ne connaissent pas son pouvoir de fertilité. Ils ne font qu’y errer d’un endroit à un autre en la détruisant. Nous, nous y sommes dans notre maison. Et nous en prenons soin pour vous, pas seulement pour les Yanomami. »


Source : Karen Isère / Paris Match
Crédit : Sebastião Salgado

A cause des épidémies qui ont peu à peu décimé les plus âgés, 60% des Yanomami ont moins de 15 ans.

LE GUIDE Naturellement

Agenda . . .

22 - Côtes d'Armor

Le 20 mars

SORTIE NATURE
"LA NUIT DE LA GRENOUILLE"

Une soirée de découverte des amphibiens, qui se déroule en deux temps : un diaporama en salle suivi d’une sortie de terrain. Une animation destinée à toute la famille pour découvrir la vie aquatique d'une mare et plus particulièrement les amphibiens qui y vivent. Sur réservation uniquement. Informations au 02 96 50 60 04 (place limitées).

Château de la Hunaudaye
22270 Plédéliac
02 96 34 82 10
www.la-hunaudaye.com


25 - Doubs

Du 1er mai au 14 février 2027

EXPOSITION 
"MYSTIFICATION" - ARCHITECTURE ET CINÉMA, LA QUÊTE DE L’ILLUSION

À une époque où les frontières entre le réel et la fiction sont brouillées, l’architecture et le cinéma se rencontrent pour vous inviter à une expérience visuelle immersive à travers l’art de l’illusion.

Saline royale
Grande Rue
25610 Arc et Senans
03 81 54 45 13
www.salineroyale.com


Du 7 juin au 18 octobre 

FESTIVAL DES JARDINS
"LES INSECTES : LE MONDE DE LA MÉTAMORPHOSE"

Dans les nouveaux jardins du Festival, découvrez un monde visible et fascinant : la beauté des papillons, la mécanique des lucarnes, la cruauté de l’élégante mante religieuse, le vol imposant de l’abeille charpentière ou encore les libellules d’un autre temps…

Saline royale
Grande Rue
25610 Arc et Senans
03 81 54 45 13
www.salineroyale.com


38 - Isère

Le 22 mars

VOYAGE MUSICAL ET SENSORIEL 

Autour de la thématique de la nature et des océans, venez écouter, expérimenter et découvrir les différentes familles d’instruments. Conçu spécialement pour le jeune public accompagné d’un adulte, cet atelier propose une immersion progressive dans l’univers musical à partir d'un conte. 

Musée arcabas en Chartreuse
Eglise de Saint-Hugues
38380 Saint-Pierre-de-Chartreuse
04 76 88 65 01
https://musees.isere.fr


Jusqu'au 30 mars  

EXPOSITION
"PEINDRE LA LUMIÈRE, DE LA MAQUETTE AU VITRAIL"

Arcabas (1926-2018) s’est intéressé toute sa vie au vitrail qu’il abordait en tant que peintre avant tout. De l'expérience fondatrice de l'église Saint-Hugues aux dernières réalisations du Sacré-Cœur de Grenoble et de Saint-Christophe-sur-Guiers, l’exposition met l’accent sur les maquettes créées par Arcabas et la façon dont elles ont été traduites par les maitres verriers.

Musée arcabas en Chartreuse
Eglise de Saint-Hugues
38380 Saint-Pierre-de-Chartreuse
04 76 88 65 01
https://musees.isere.fr


39 - Jura

Le 25 mars

CONFÉRENCE
"LA CONTREBANDE DU SEL EN FRANCHE-COMTÉ AU XVIIIᵉ SIÈCLE"

Pour les Nocturnes de l’Histoire, André Ferrer, vous entraîne au cœur de la contrebande du sel en Franche-Comté au XVIIIe siècle. Une conférence passionnante, suivie d’un temps d’échanges. Entrée gratuite. Sur réservation.

Grande Saline de Salins-les-Bains
3 Place des Salines
39110 Salins les Bains
03 84 73 10 92
www.grande-saline.com


42 - Loire

Le 26 mars

BOURSE D'ÉCHANGES
PARC NATUREL REGIONAL DU PILAT

Le Parc naturel regional du Pilat organise à Jonzieux le jeudi 26 mars 2026 une bourse d échanges de matériel publicitaire des 50 sites cotisant à l'office de tourisme du PARC.
Cette manifestation est une tournante dans des villages différents chaque année depuis l'an 2000.

Contact : 
Musée de la Passementerie
5 rue des passementiers
42660 Jonzieux
04 77 39 93 38
www.maison-passementerie.info


52 - Haute-Marne

Jusqu'au 19 avril 

EXPOSITION 
"175 ANS DE CRÉATION BRASSICOLEÀ SAINT-DIZIER"

La brasserie du fort carré a été un des fleurons économiques de Saint-Dizier. En activité de 1796 à 1955, elle marqué le paysage urbain de la ville, et est à l’origine de la construction de la Tour Miko. Des techniques de productions de la bière, au nombreux objets publicitaires, l’exposition retracera l’histoire d’une brasserie restée dans les mémoires.

Musée de Saint-Dizier
17 rue de la Victoire 
52100 Saint-Dizier
03 25 07 31 50
www.saint-dizier.fr


67 - Bas-Rhin

Les 21 & 22 mars

"DÉFIS EN CASCADE !"
JOURNÉE MONDIALE DE L’EAU

Flotte ou coule, colle ou colore : explorez les propriétés physiques de l’eau à travers des défisludiques à réaliser en famille. Observez, testez, créez et laissez-vous surprendre en découvrant lesnotions de densité, pression, capillarité et pH. À partir de 3 ans.

Le Vaisseau
1 bis rue Philippe Dollinger 
67100 Strasbourg
03 69 33 26 69
www.levaisseau.com


Jusqu’au 29 mars

EXPOSITION
"UN AMOUR DE LALIQUE – UNE IDÉE DE PARADIS"

Une sélection d’œuvres de la collection du Fonds Régional d’Art Contemporain (FRAC) Alsace entre en résonance avec un choix effectué parmi les pièces conservées au musée Lalique. Pour cette première collaboration, c’est une certaine vision du paradis qui est proposée au fil de l’exposition. 

Musée Lalique
40 rue du Hochberg
67290 Wingen-sur-Moder
03 88 89 08 14
www.musee-lalique.com


Les 28 & 29 mars

LES SPECTACLES
"MINI CURIEUX"

La version Mini du Curieux Festival revient au Vaisseau ! Au programme : un week-end despectacles, de sciences et de merveilles pour faire germer la curiosité des enfants dès le plus jeuneâge. Tout publi. cRéservation et modalités sur lecurieuxfestival.com.

Le Vaisseau
1 bis rue Philippe Dollinger 
67100 Strasbourg
03 69 33 26 69
www.levaisseau.com


Du 3 avril au 17 mai

EXPOSITION DES PHOTOGRAPHIES DE KARINE FABY
"MOSSI : UN VASE, DES SAVOIR-FAIRE"

Cette année, le choix a été fait de se concentrer sur les différentes étapes de fabrication d’un objet emblématique, le vase Mossi, dont le modèle a été créé par René Lalique en 1933. Depuis le travail sur le moule jusqu’à la signature finale, vous retrouverez toutes les étapes au travers de 20 photographies réalisées par Karine Faby.

Musée Lalique
40 rue du Hochberg
67290 Wingen-sur-Moder
03 88 89 08 14
www.musee-lalique.com


68 - Haut-Rhin

Jusqu'au 28 juin

EXPOSITION 
"JOUSTRA, DES JOUETS MADE IN ALSACE"

Contraction de "JOUets de STRAsbourg", Joustra a produit de nombreux jouets avec un pic de popularité dans les années 1950 et 1960. Grâce à la collection d’un passionné bas-rhinois, Claude Schwach, venez découvrir tous types de jouets : jouets mécaniques, jouets téléguidés puis radiocommandés, voitures, grues, engins de chantier, bateaux, jeux scientifiques puis plus tard le célèbre télécran...

La Nef des Jouets
12 rue Jean Jaurès
68360 Soultz
03 89 74 30 92
www.ville-soultz.fr


75 - Paris

Jusqu'au 10 janvier 2027

ZEUS, LE CHEVAL MÉTALLIQUE AU MUAM

Le musée accueille sur son parvis le cheval métallique Zeus, œuvre monumentale qui a marqué les esprits lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024.
Jusqu'au 29 mars 2026, dans le chœur de l’église Saint-Martin-des-Champs du MuAM, une exposition exceptionnelle intitulée "Zeus, chef-d’œuvre d’artisans" retrace la genèse et la fabrication de cette œuvre.

Musée des Arts et Métiers
60 rue Réaumur
75003 Paris
01 53 01 82 63
www.arts-et-metiers.net


Jusqu'au 13 décembre

EXPOSITION
"CHAÏM KALISKI - JIM D’ETTERBEEK"

Double graphique de l’artiste, Jim d’Etterbeek est le titre d’une monumentale œuvre dessinée sur l’Occupation à Bruxelles, constituée de plus de cinq mille dessins de Chaïm-Charles Kaliski (1929-2015), être singulier dont l’existence fut à jamais marquée par la Shoah.

Musée d’art et d’histoire du Judaïsme
71 rue du Temple
75001 Paris
01 53 01 86 53
www.mahj.org


Jusqu'au 17 mai 

EXPOSITION "FLOPS" 

Échec, bide, raté, fiasco… on estime que neuf innovations sur dix échouent et les raisons de la galère ne sont pas toujours évidentes ! En explorant les "bides" comme les trajectoires de réussites inattendues, l’exposition Flops-?! propose une lecture bienveillante de l’échec et ouvre la voie à une découverte singulière des collections du MuAM – Musée des Arts et Métiers.  

Musée des Arts et Métiers
60 rue Réaumur
75003 Paris
01 53 01 82 63
www.arts-et-metiers.net


Jusqu'au 31 juillet 

EXPOSITION
"L’ÉTOFFE DES RÊVES"

Le vent de l’Art Brut et du surréalisme soufflera sur les 300 œuvres des 36 artistes réunis dans tout l’espace de la Halle Saint Pierre. "L’Étoffe des rêves" est le fruit d’une collaboration entre la Halle Saint Pierre et le Centre international du surréalisme et de la Citoyenneté mondiale à Saint-Cirq-Lapopie.

Halle Saint Pierre
2 rue Ronsard
75018 Paris
01 42 58 72 89
www.hallesaintpierre.org


84 - Vaucluse

Le 28 mars

PROJECTION ET CONFÉRENCE
"MATISSE ET LYDIA"

Le Château de Lourmarin accueillera le 28 mars à 15h la projection du film « Matisse et Lydia », suivi d'un échange avec la réalisatrice Élisabeth Kapnist. Ce documentaire sensible retrace la relation entre Henri Matisse et Lydia Delectorskaya, muse et collaboratrice essentielle du peintre pendant plus de vingt ans.

Château de Lourmarin
2 avenue Laurent Vibert 
84160 Lourmarin 
04 90 68 15 23
www.chateaudelourmarin.com

Lieux:

Découvrir toutes les activités